Pêche maritime : carburant, retraite et sardine, les dossiers qui attendent Mezouari

Pêche maritime : prix du carburant, âge de la retraite, prix de référence de la sardine. Les professionnels exposent leurs demandes au ministre Mezouari.

Plusieurs bateaux de pêche bleus, verts et rouges amarrés côte à côte dans l'eau

Photo : Agence de presse des Émirats arabes unis

Les professionnels de la pêche maritime ont dressé la liste de leurs revendications à l’intention d’Ahmad al-Mahdi al-Mazwari, nouveau ministre délégué chargé de la Pêche maritime. En tête figurent la flambée du prix du carburant, l’âge de départ à la retraite des marins et la fixation d’un prix de référence pour la sardine.

Issu des rangs socialistes, le ministre prend ses fonctions au sein du nouveau gouvernement conduit par le Parti Authenticité et Modernité (PAM), à travers la coordinatrice de sa direction collégiale, Fatima al-Zahra al-Mansouri. Armateurs et marins attendent de lui des décisions capables de rééquilibrer les chaînes de valeur. Ils veulent aussi concilier la préservation de la ressource halieutique avec leur situation sociale et économique.

Retraite et prix de la sardine

Ahmad Arhbi, vice-président de la Confédération nationale de la pêche maritime au Maroc, critique le système de la « dalala », la vente aux enchères, en particulier dans les provinces du Sud du Royaume. Selon lui, ce système a directement porté préjudice aux professionnels, et il juge la situation antérieure « plus disciplinée et plus transparente ».

Il réclame également un abaissement de l’âge de la retraite des marins à 50 ans, ou à 54 ans au plus. L’âge actuel, estime-t-il, ne correspond pas à la pénibilité du travail en mer.

Il plaide aussi pour un prix de référence d’au moins 4 DH pour la sardine. D’après lui, le poisson est acheté 3 DH seulement chez certains et bien plus cher chez d’autres, sans considération pour l’effort du pêcheur ni pour le coût des sorties. Ces points seront soulevés lors des prochaines réunions avec le ministre délégué, a-t-il indiqué. Il demande enfin une régularisation de la situation des gardiens de bateaux, privés de toute couverture médicale et de toute protection sociale en cas d’accident du travail.

Un code centenaire à réviser

Fouad Boudina, professionnel du secteur et membre de la Ligue nationale de la pêche maritime, fait de la mise à jour du cadre législatif la priorité. Il s’agit selon lui d’adapter le code de commerce maritime de 1919 aux recommandations et conventions de l’Organisation internationale du travail, laquelle interroge régulièrement le Royaume sur leur mise en œuvre.

Il relève que la France, dont s’inspire ce code, a amendé ses propres textes à trois reprises. Faute de cadre unifié, les tribunaux s’appuient sur des jurisprudences divergentes, et la plupart des litiges sont traités par les délégations des pêches maritimes sur la seule base de ce code. Le marin peut ainsi être licencié sans indemnité, même après deux décennies passées à bord, souligne-t-il.

Retour au plafonnement du carburant

Sur le plan social, Fouad Boudina cite le naufrage récent d’un sardinier dont l’équipage s’est retrouvé sans protection ni indemnisation, l’armateur ayant invoqué l’ampleur de ses pertes.

Il appelle aussi à traiter la hausse du prix du carburant, qui pèse sur les revenus des armateurs comme des marins, notamment dans la flotte chalutière. Il demande le retour au plafonnement des prix des carburants afin de protéger les professionnels des fluctuations du marché.

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