PLF 2027 : Fouzi Lekjaa veut lier l’aide sociale directe aux seuls revenus
Aide sociale directe : Fouzi Lekjaa prévoit un critère basé sur les revenus et un montant minimal porté par étapes de 500 à 1.000 DH.

Source : GPSmyCity
Vendredi 30 octobre, Fouzi Lekjaa a indiqué qu’à mi-mandat, seuls les revenus des ménages devraient déterminer l’accès à l’aide sociale directe. Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique s’exprimait devant la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, où les députés examinent le PLF 2027.
Le montant du soutien doit aussi évoluer. Versée aujourd’hui à quatre millions de ménages, l’aide ne descend pas sous 500 dirhams. Le gouvernement envisage de porter ce plancher à 600 dirhams dès la première année, puis de le relever par paliers jusqu’à 1.000 dirhams, en fonction de l’inflation et des pressions pesant sur l’économie.
Une dépense ponctuelle peut exclure
Selon le ministre, le mécanisme actuel a constitué un progrès : les attestations administratives ont cédé la place à un calcul tenant compte de ce que dépensent les familles. Ce choix a toutefois un effet pervers. Un foyer qui engage une dépense exceptionnelle risque d’être écarté, même si ses ressources n’ont pas augmenté.
L’exécutif compte donc supprimer une partie des variables utilisées et faire entrer peu à peu les revenus dans le calcul. Les députés seront saisis d’une nouvelle approche.
Pour Fouzi Lekjaa, le soutien financier n’a pas vocation à durer indéfiniment : il doit servir de tremplin vers l’emploi et l’insertion économique des bénéficiaires. Le ministre s’est néanmoins montré ouvert à un allongement de la durée inscrite dans la loi qui régit le dispositif, si sa révision l’exige.
4,1 millions de droits suspendus à l’AMO
Le bilan de l’Assurance maladie obligatoire de base (AMO) dressé par le ministre fait état de 32,7 millions d’inscrits, soit 89 % de la population. Les personnes dont les droits sont ouverts sont 28,6 millions, soit 78 % des habitants.
Deux groupes restent en marge. D’un côté, 4,1 millions d’inscrits ne peuvent plus faire valoir leurs droits, faute d’avoir réglé leurs cotisations. De l’autre, 4,1 millions de personnes n’ont aucune affiliation. Le ministre souhaite que ces cas soient traités en tenant compte de ce que chacun peut payer, et que les bases de données soient revues pour s’assurer de la justesse des chiffres.
L’hôpital public visé à 50 %
Être couvert ne suffit pas, a insisté Fouzi Lekjaa, qui veut garantir un accès réel aux soins. Aujourd’hui, moins de 10 % des dépenses de couverture médicale vont aux hôpitaux publics, les cliniques privées en absorbant une large part. Le ministre estime que cette proportion devrait monter à 50 % au minimum.
Il compte aussi sur les groupements sanitaires territoriaux (GST), qui doivent offrir aux médecins la possibilité de travailler sur un territoire plus vaste.





