Conseil de sécurité : Omar Hilale rejette les « leçons » de l’Algérie sur Tindouf
Au Conseil de sécurité, l’ambassadeur Omar Hilale a répliqué vendredi à l’Algérie sur les camps de Tindouf et rejeté la comparaison avec la Palestine.

Photo : ONU/Manuel Elías
L’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a récusé vendredi 30 octobre à New York les « leçons » de droit international adressées au Conseil de sécurité par le représentant de l’Algérie. Il a également rejeté la comparaison entre la question du Sahara marocain et la Palestine, selon la transcription officielle de la séance publiée par l’ONU.
Le diplomate s’exprimait après deux votes qui n’ont abouti à aucune résolution. Le projet américain S/2026/868 a recueilli 11 voix pour, mais il s’est heurté au veto de la Fédération de Russie, avec 3 abstentions (Chine, Pakistan et Somalie). Le texte concurrent présenté par Moscou, qui prévoyait de prolonger le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2027, n’a obtenu que 3 voix, contre 1 vote négatif des États-Unis et 11 abstentions. Le mandat actuel de la mission arrive à échéance le 31 octobre 2026.
Prenant la parole, le représentant algérien avait remercié la Russie pour son projet et dénoncé un « échec » du Conseil.
Un pays « observateur » qui oriente le vote
Omar Hilale a rappelé que, des années durant, ce texte était adopté sans que le Maroc ni l’Algérie ne prennent la parole, une tradition rompue selon lui lors de cette séance. Il a affirmé que l’Algérie, qui se présente comme simple observateur et non comme partie, avait appelé des États membres à voter contre la résolution et sapé l’autorité du Conseil comme celle du porte-plume.
Le diplomate a ensuite reproché au pays hôte de refuser depuis 50 ans le recensement et l’enregistrement des populations des camps de Tindouf, réclamés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Il a invoqué la Convention de 1951, dont la première règle de protection est selon lui l’identification des personnes, et assuré que le Maroc accepterait le chiffre établi par le HCR, quel qu’il soit, même s’il atteignait un million.
Liberté de mouvement et retour
Pour le représentant marocain, ces camps sont les seuls au monde où le pays hôte laisse son autorité à un groupe séparatiste, ce qui prive les personnes de leurs droits et expose des enfants à des exercices militaires. Les habitants n’y jouissent pas de la liberté de mouvement, a-t-il ajouté, et leur retour est subordonné par Alger à une solution politique. « Qu’ils rentrent chez eux », a-t-il lancé, plaidant pour qu’ils puissent rejoindre le Maroc ou toute autre destination.
Évoquant les données onusiennes sur la situation alimentaire, Omar Hilale a jugé paradoxal que le Polisario reçoive des armes alors que la nourriture et les logements manquent. Il a qualifié le mouvement de groupe séparatiste armé lié au terrorisme international.
La Palestine et les remerciements aux États-Unis
Revenant sur la comparaison avec la Palestine, qu’il a jugée honteuse, l’ambassadeur a souligné qu’une manifestation de soutien au peuple palestinien se tient chaque semaine au Maroc, alors que de tels rassemblements sont interdits en Algérie. Il a mis en avant l’aide humanitaire et les hôpitaux envoyés par le Royaume.
Le diplomate a conclu en remerciant les États-Unis, porte-plume du texte, ainsi que les pays ayant voté en sa faveur. Il a précisé que ce projet était le fruit de longues heures de négociations au cours desquelles le Maroc a consenti de nombreuses concessions.





