ONEE : 17 milliards de dirhams versés par l’État pour geler les tarifs de l’électricité

Prix de l’électricité : l’État a versé 17 MMDH à l’ONEE entre 2022 et 2025, selon le rapport économique et financier du PLF 2027.

Station électrique haute tension avec transformateurs et pylônes sous ciel bleu

Source : Middle East Online

Geler le prix de l’électricité a coûté 17 milliards de dirhams au Trésor entre 2022 et 2025. Le chiffre figure dans le rapport économique et financier qui accompagne le projet de loi de finances 2027. Ces fonds ont été versés à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour compenser la flambée des intrants énergétiques sur les marchés mondiaux.

Ces transferts ont permis de maintenir des tarifs stables pour toutes les catégories de consommateurs, selon le rapport. Les ménages et les entreprises n’ont donc pas subi de hausse directe de leurs factures. Ce soutien a toutefois pesé sur les finances publiques, alors que les besoins de financement des secteurs sociaux et de l’investissement public augmentent.

Une perte attendue à 8,625 MMDH

Le soutien de l’État n’a pas suffi à équilibrer les comptes de l’Office. Celui-ci a enregistré une perte nette de 6,963 milliards de dirhams en 2025, contre 7,286 milliards un an plus tôt. Les prévisions de clôture pour 2026 portent ce déficit à 8,625 milliards. Le document attribue cette dégradation à l’alourdissement de la facture de fuel et à la hausse des charges financières.

Le rapport sur les établissements et entreprises publics annexé au projet de loi de finances indique que le chiffre d’affaires a reculé de 2,5 % en 2025, à 41,466 milliards de dirhams. Ce repli s’explique par le retrait progressif de l’Office de la distribution et par la contraction de ses marges sur les ventes d’électricité. Le résultat d’exploitation a affiché un déficit de 5,252 milliards de dirhams, contre 4,246 milliards en 2024.

Fin juin 2026, les comptes intermédiaires faisaient apparaître un chiffre d’affaires de 19,111 milliards de dirhams et une perte nette de 986 millions. Les pertes devraient se creuser au second semestre.

Dette et investissements

La dette de financement atteignait 55,930 milliards de dirhams fin 2025, contre 54,694 milliards un an plus tôt. Cette hausse est notamment liée à un emprunt obligataire de cinq milliards de dirhams contracté par la branche électricité. L’Office prévoit de ramener cette dette à 46,569 milliards fin 2026, soit une baisse de 17 %.

Les investissements réalisés en 2025 se sont élevés à 7,363 milliards de dirhams, soit 68 % d’un budget initial fixé à 10,875 milliards. Ils devraient progresser de 28 % cette année pour atteindre 9,423 milliards.

Les importations de produits énergétiques ont augmenté de 32,6 % à fin août 2026. Sur la même période, l’indice des prix de l’énergie de la Banque mondiale a progressé de 26 %. Le baril de Brent s’est établi en moyenne à près de 104 dollars au deuxième trimestre, avant de descendre à 83 dollars en juillet puis de remonter à 91 dollars en août.

Un plan de 219,1 MMDH d’ici 2030

Ces difficultés surviennent en pleine restructuration du secteur. Les douze sociétés régionales multiservices sont toutes entrées en activité en 2025. Les activités de distribution de l’Office leur ont été transférées à partir du 1er novembre de la même année. Le projet de transformation de l’ONEE en société anonyme est en préparation. Une convention a par ailleurs été signée le 3 novembre 2025 entre l’État, l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État, l’ONEE et l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen).

Le plan d’équipement 2026-2030 mobilise 219,1 milliards de dirhams : 177 milliards pour l’électricité et 42,1 milliards pour l’eau potable. Le secteur privé devrait en financer 72 %. Le programme comprend 14,34 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables, des équipements de stockage et de flexibilité, et un renforcement du réseau de transport. Il prévoit aussi de tripler l’interconnexion avec l’Espagne, aujourd’hui de 700 mégawatts, et de développer la liaison avec la Mauritanie.

Pour l’eau potable, le plan vise une capacité de production supplémentaire de 2,68 millions de mètres cubes par jour, dont 2,16 millions proviendront du dessalement d’eau de mer. Environ 2 200 kilomètres de conduites d’adduction sont également prévus. Les investissements programmés s’élèvent à 16,490 milliards de dirhams en 2027, à 20,862 milliards en 2028 et à 18,602 milliards en 2029.

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