Yémen : le HCR alerte sur le sort de plus de 65 000 réfugiés et demandeurs d’asile

Réfugiés au Yémen : le HCR s’inquiète pour plus de 65 000 réfugiés et demandeurs d’asile, entre insécurité et restrictions de l’aide humanitaire.

Camp de réfugiés avec tentes blanches, refuges temporaires et familles déplacées

Photo : Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

Plus de 65 000 réfugiés et demandeurs d’asile au Yémen traversent une crise humanitaire qui s’aggrave de jour en jour, a averti vendredi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’agence onusienne évoque une insécurité croissante, un effondrement économique, des ressources épuisées et un accès humanitaire sévèrement restreint, qui privent des dizaines de milliers de personnes de tout refuge sûr.

Son porte-parole, Matthew Saltmarsh, a indiqué lors d’un point de presse à Genève que des milliers de personnes continuent, malgré l’intensification du conflit, de traverser la mer depuis la Corne de l’Afrique au péril de leur vie pour rejoindre un pays dont la situation sécuritaire et humanitaire se détériore rapidement. Plus de 134 000 demandeurs d’asile et migrants sont arrivés par voie maritime au cours des neuf premiers mois de 2026. Environ 4 200 personnes ont, à l’inverse, fui le Yémen par la mer vers Djibouti et la Somalie depuis septembre.

Le camp de Kharaz, dans le gouvernorat de Lahj, au sud-ouest du pays, suscite une inquiétude particulière. Situé en zone contrôlée par le gouvernement, à quelques dizaines de kilomètres des combats, il accueille près de 9 500 réfugiés venus de Somalie et d’Éthiopie. Aucun blessé n’y a été recensé, mais les bombardements dans les environs ont perturbé les services et limité les déplacements.

Les partenaires du HCR y distribuent des vivres en coordination avec les autorités locales. L’assistance sanitaire et l’approvisionnement en eau se poursuivent, « bien qu’avec d’énormes difficultés ». Le reste des activités est largement à l’arrêt : scolarité suspendue, services juridiques et d’enregistrement interrompus, tandis que la flambée des prix du carburant et des produits de base complique la vie quotidienne. De nombreuses familles quittent le camp pour chercher sécurité et services ailleurs dans le sud, notamment à Aden, en empruntant des routes utilisées par les belligérants.

Le HCR signale également une forte pression sur les chaînes d’approvisionnement humanitaires, liée au conflit, aux attaques dans le Golfe et aux perturbations autour des détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz. L’agence a obtenu le transport gratuit de 11 conteneurs de secours d’urgence de Dubaï vers le Yémen, mais les acheminements se heurtent à des contraintes sécuritaires et logistiques. Les organisations humanitaires doivent se rabattre sur les ports de Khor Fakkan, Fujaïrah, Sohar, Salalah et Djeddah, ce qui entraîne retards et surcoûts. Matthew Saltmarsh a appelé à une désescalade urgente, à un accès humanitaire facilité et à la protection des civils.

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