Samarcande : 14 millions de visiteurs attendus en 2026

Samarcande, classée par l’Unesco, devrait accueillir 14 millions de visiteurs en 2026, selon le recteur de l’Université internationale de la Route de la soie.

Vue d'ensemble de la place du Régistan avec ses dômes bleus et décorations géométriques

Source : Odyssey Traveller

Samarcande devrait recevoir près de 14 millions de visiteurs d’ici la fin de 2026. C’est ce qu’a indiqué le professeur Mohsinjoon Kholmukhamedov, recteur de l’Université internationale de la Route de la soie du tourisme et du patrimoine culturel, dans un entretien accordé à ONU Info, à l’approche de la Journée mondiale des villes, célébrée le 31 octobre.

La ville ouzbèke a déjà dépassé les 10 millions de visiteurs, nationaux et étrangers, au cours des neuf premiers mois de l’année, contre environ sept millions sur l’ensemble de 2025, selon ses estimations. À l’échelle du pays, le nombre de touristes est passé d’environ 1,2 million en 2016 à près de 12 millions l’an dernier.

Un observatoire inédit en Asie centrale

Partenaire de l’organisation désormais appelée Onu Tourisme depuis 2023, l’université a renouvelé cet accord en 2026. « Nous sommes la première université à nouer un partenariat avec cette organisation », a souligné son recteur.

L’établissement prépare la création d’un observatoire touristique rattaché au réseau international de l’organisation, le premier du genre en Asie centrale. Il mesurera la fréquentation, mais aussi l’effet du tourisme sur l’emploi, le cadre urbain et le quotidien des habitants.

Corriger les restaurations des années 1990

La ville historique, classée au patrimoine mondial de l’Unesco et dont fait partie la place du Registan, abrite des sites patrimoniaux restaurés dans les années 1990 avec des matériaux inadaptés. « Malheureusement, on a utilisé à l’époque du plâtre, du béton et des barres d’armature », a regretté Mohsinjoon Kholmukhamedov, précisant que des recherches menées avec des experts visent à recommander des matériaux composites modernes sans dommage pour les édifices.

Des relevés laser permettent par ailleurs de modéliser les bâtiments en trois dimensions afin de détecter la moindre déformation et de consolider les structures menacées.

Côté transports, des projets ferroviaires doivent relier l’Ouzbékistan à la Chine et à l’Afghanistan, tandis qu’une autoroute à grande vitesse ramènerait le trajet Tachkent-Samarcande à environ deux heures et demie. Ces chantiers sont attendus entre 2030 et 2032. L’aéroport international propose déjà des vols directs vers plus de 40 destinations.

Le logement au cœur des enjeux

Plus de 1 100 immeubles résidentiels ont été construits dans la région de Samarcande en huit ans. Le schéma directeur de la ville, à l’horizon 2040, prévoit une forte extension du parc immobilier. Un dossier sur le logement est élaboré conjointement par ONU-Habitat et le gouvernement ouzbek, portant aussi sur l’efficacité énergétique, le coût pour les ménages et l’entretien de l’existant.

« À Samarcande, le patrimoine ne se limite pas aux monuments : il englobe aussi les quartiers traditionnels où vivent les gens. »

Ces propos sont de Katja Schäfer, représentante d’ONU-Habitat, qui préconise de moderniser les logements sur place plutôt que de les remplacer, et d’orienter l’urbanisation nouvelle hors du périmètre historique. L’édition 2026 de la Journée mondiale des villes a pour thème « Renouvellement urbain : un logement abordable pour tous ».

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