Poivrons marocains : les prix à la ferme doublent sous la pression espagnole

Poivrons marocains : prix à la ferme multipliés par deux en un an, selon Obeida Mansour (Universal Peppers), qui ne récolte que 35 % de ses volumes.

Plant de poivron sous serre

Photo d'illustration

Les producteurs marocains de poivrons vendent aujourd’hui leur récolte au double du prix pratiqué il y a un an, à la sortie des fermes. Obeida Mansour, responsable de la société Universal Peppers, en a fait le constat dans une déclaration à FreshPlaza, en pointant un afflux de commandes européennes, venues avant tout d’Espagne, que l’offre disponible ne parvient pas à satisfaire.

Deux types sont particulièrement recherchés : le Kapia et le poivron carré. « La demande européenne, et espagnole en particulier, est exceptionnellement forte pour cette période de l’année », a souligné le dirigeant, dont l’entreprise possède des cultures des deux côtés du détroit.

Des pertes en Espagne

De l’autre côté de la Méditerranée, les thrips ont fait des ravages. Ces minuscules insectes se sont multipliés dans les champs espagnols et y ont lourdement amputé les rendements. Universal Peppers en a mesuré l’ampleur chez l’un de ses partenaires en Espagne : une partie importante des plants a dû y être remise en terre.

Le voisin ibérique compte déjà beaucoup sur l’offre marocaine. Entre janvier et juin 2026, le Royaume lui a fourni près de 95 % de ses achats de poivrons à l’étranger, ce qui représente 79 millions de kilos.

Une récolte réduite à 35 %

Au Maroc, la production ne suit pas. Le dirigeant évoque un niveau de récolte très bas dans les fermes de sa société et chez les agriculteurs qui travaillent pour elle sous contrat dans le Souss-Massa.

« Dans nos propres fermes et celles de nos producteurs sous contrat, nous ne récoltons que 35 % de nos volumes habituels à cette période de la saison », a précisé Obeida Mansour.

Ce taux vaut pour le seul périmètre de l’entreprise et ne reflète pas l’état de toute la filière nationale. Obeida Mansour en rend responsables des températures défavorables. Selon lui, la chaleur complique la défense des cultures face aux nuisibles, d’autant que les quantités de pesticides tolérées dans les produits vendus sont strictement plafonnées par la réglementation européenne.

Mauritanie et Sénégal en renfort

L’Europe n’est pas seule à passer commande. Des acheteurs mauritaniens et sénégalais viennent grossir la demande, ce qui resserre encore les volumes à répartir.

Le responsable se montre toutefois optimiste à brève échéance : il table sur un retour de ses fermes à leur pleine capacité, et sur des livraisons normales, dans un délai de deux semaines. La suite de la campagne dépendra, estime-t-il, de ce que deviendra l’infestation en Espagne : si les insectes continuent de sévir chez les producteurs espagnols, les commandes adressées au Maroc pourraient rester soutenues.

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