Sidi Ifni : lancement de la première ferme piscicole en haute mer du Maroc

Le ministre Ahmed El Mehdi Mezouari a lancé à Sidi Ifni une ferme piscicole offshore de 50 MDH conduite par l’INRH, d’une capacité de 280 tonnes par an.

Cages de ferme aquacole flottantes en mer avec montagnes enneigées

Photo : Wikipédia

C’est à Sidi Ifni que, vendredi 30 octobre, Ahmed El Mehdi Mezouari, ministre délégué chargé de la Pêche maritime, a donné le coup d’envoi officiel d’une ferme pilote vouée à l’élevage de poissons au large des côtes. Le budget du projet s’élève à 50 millions de dirhams, pour une mise en œuvre confiée à l’Institut national de recherche halieutique (INRH).

Selon les données présentées lors du lancement, il s’agit de la première expérience de ce type sur la façade atlantique du Royaume comme sur le continent africain. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de la province de Sidi Ifni, d’élus et de professionnels du secteur.

Le département de la Pêche maritime a apporté 40 millions de dirhams, au titre de l’appui sectoriel lié à l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne. L’INRH a mobilisé 4 millions sur ses ressources propres. Les 6 millions restants doivent être couverts par la vente de la production expérimentale.

Le site se trouve à sept milles marins du port, sur une zone de 25 hectares par 40 à 45 mètres de fond. Quatre cages flottantes, chacune de 29 mètres de diamètre, y ont été installées, pour une capacité totale de 280 tonnes par an. L’installation dispose aussi d’un catamaran baptisé « Aman », affecté à l’entretien et au nourrissage, ainsi que d’une base logistique de 800 m² au port, qui regroupe stockage, laboratoire et bureaux.

Ce lancement fait suite à cinq années d’expérimentation, de 2021 à 2026. Les chercheurs y ont mené des études océanographiques du site, testé la résistance des cages aux tempêtes et suivi un cycle complet d’élevage de la daurade royale. Après 16 mois de grossissement, les poissons ont atteint en moyenne 400 grammes, soit le poids commercial, avec un taux de survie élevé. Le directeur général de l’INRH, Mohamed Najih, a indiqué que chaque cage produit entre 75 et 80 tonnes.

Une société privée, retenue après un appel à manifestation d’intérêt, commercialisera la première production et exploitera le site durant les cinq prochaines années. L’INRH conservera ses missions de recherche. La cartographie nationale des zones propices à l’aquaculture évalue le potentiel à plus de 300 000 tonnes par an sur près de 24 000 hectares, dont 8 000 réservés à la pisciculture. Environ 75 % de ces surfaces se trouvent en mer ouverte, sur l’Atlantique.

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