Hydrocarbures : le Maroc table sur 9,21 MMDH d’exploration d’ici 2031

Le ministère de l’Économie et des Finances table sur 9,21 MMDH d’investissements en exploration pétrolière au Maroc d’ici 2031.

Site d'exploration pétrolière marocain à l'aube avec un ouvrier

Image d'illustration

Le Maroc compte mobiliser 9,21 milliards de dirhams, soit environ un milliard de dollars, pour l’exploration pétrolière au cours des cinq prochaines années, jusqu’en 2031. Ce chiffre figure dans un rapport du ministère de l’Économie et des Finances consacré aux établissements et entreprises publics, annexé au projet de loi de finances 2027, actuellement examiné au Parlement.

Les opérateurs privés, étrangers comme nationaux, devraient assurer 91 % de cette enveloppe, aux côtés de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), organisme public chargé de la recherche minière, pétrolière et gazière. Il s’agit d’évaluer le potentiel du sous-sol national et d’identifier d’éventuels gisements exploitables à l’échelle commerciale.

Onze sociétés sur 107 000 km²

Fin 2025, onze compagnies menaient des travaux de recherche d’hydrocarbures dans le Royaume, sur une superficie de 107 000 kilomètres carrés. Leurs activités se répartissaient entre 10 permis terrestres et 30 permis en mer, d’après les données du ministère.

La production pétrolière locale reste très faible, malgré des années de prospection menée par des opérateurs étrangers. Le pays couvre donc ses besoins par les importations, ce qui l’expose aux fluctuations des cours mondiaux.

Une production de gaz en recul

Le gaz naturel, extrait en quantités limitées de gisements terrestres, notamment dans le bassin du Gharb, connaît lui aussi des difficultés. La part de l’ONHYM dans cette production a atteint près de 20,14 millions de mètres cubes en 2025, en baisse de 21 % sur un an. Le rapport explique ce repli par l’épuisement progressif des réserves du Gharb et l’absence de nouveaux forages.

Les livraisons de condensats ont, pour leur part, reculé d’environ 10 %, à 1 729,76 tonnes. Plusieurs gisements gaziers se rapprochent toutefois de la production commerciale cette année, dont celui de Tendrara, dans l’est du pays, exploité par le groupe minier marocain Managem.

Pour l’heure, le Royaume achète du gaz naturel liquéfié sur les marchés internationaux, le fait regazéifier en Espagne puis l’achemine via le Gazoduc Maghreb-Europe. Les volumes transportés par cette conduite ont progressé de 7,9 % en 2025, à environ 890,1 millions de mètres cubes. La consommation annuelle avoisine un milliard de mètres cubes, absorbée surtout par la sidérurgie, l’industrie des phosphates et les centrales électriques.

Cinquante projets miniers d’ici 2028

Au-delà des hydrocarbures, l’ONHYM compte déployer jusqu’en 2028 un programme d’une cinquantaine de projets de prospection minière : 27 financés sur ses ressources propres et 23 en partenariat. L’Office entend aussi intensifier ses recherches sur les métaux précieux et stratégiques ainsi que sur l’hydrogène naturel.

Le gazoduc atlantique, horizon 2031

Le Royaume mise également sur le Gazoduc Africain Atlantique, qui doit relier le Nigeria au Royaume du Maroc en traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Long d’environ 6 800 kilomètres, l’ouvrage vise une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, pour un coût estimé à près de 25 milliards de dollars. Il doit desservir des pays africains avant d’être raccordé au Gazoduc Maghreb-Europe, vers le Maroc et l’Europe.

Le ministère de l’Économie et des Finances indique que la signature, en juillet, de l’accord intergouvernemental entre les États concernés a marqué une étape importante. Le projet doit être développé par phases successives, avec de premières livraisons de gaz attendues d’ici 2031.

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