Uber étend ses services à Agadir et Tanger au Maroc

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Uber poursuit son expansion au Maroc avec le lancement de son service de transport à la demande à Agadir et Tanger. Cette nouvelle étape s’accompagne d’un renforcement de sa présence à Casablanca et Rabat, où la plateforme avait relancé ses activités après son retour sur le marché marocain en 2025.

Réintroduite au Maroc en novembre 2025, l’entreprise avait d’abord déployé ses services à Casablanca, Rabat et Marrakech. Les utilisateurs d’Agadir et de Tanger peuvent désormais réserver des trajets via l’application mobile et accéder aux offres UberX et UberXL.

La plateforme propose les mêmes fonctionnalités que dans les autres villes marocaines. Les passagers peuvent partager leur trajet, programmer leurs déplacements à l’avance, ajouter plusieurs arrêts, effectuer des paiements numériques et bénéficier d’une assistance disponible en permanence.

Cette expansion intervient alors que le tourisme marocain poursuit sa progression. Le Royaume a accueilli 19,8 millions de visiteurs en 2025, soit une hausse de 14 % sur un an. Les recettes touristiques ont atteint 138 milliards de dirhams. À fin mai 2026, le pays avait déjà enregistré 7,7 millions de touristes, en progression de 7 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le Maroc vise désormais 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030, année où il coorganisera la Coupe du monde de la FIFA.

Fayçal Ihrai, directeur général d’Uber Maroc, a indiqué que le lancement à Agadir et Tanger constitue une étape importante dans la stratégie de développement de l’entreprise. Selon lui, Uber souhaite poursuivre une croissance responsable tout en proposant des trajets simples, accessibles et efficaces aux résidents comme aux visiteurs. Il a également souligné la volonté de la plateforme d’élargir les opportunités de revenus pour les chauffeurs partenaires.

Dans un entretien accordé à Médias24, il a affirmé que les premiers mois d’activité au Maroc avaient confirmé l’existence d’une forte demande pour des solutions de mobilité fiables et faciles d’utilisation. Il a précisé que plusieurs milliers de chauffeurs partenaires et d’utilisateurs avaient déjà rejoint la plateforme depuis son retour.

Uber se présente comme un complément aux modes de transport existants plutôt qu’une alternative destinée à les remplacer. L’entreprise estime que la croissance du secteur nécessite une coopération entre les différents acteurs afin de construire un cadre adapté à l’évolution de la demande.

Selon Fayçal Ihrai, trois facteurs ont guidé le choix d’Agadir et de Tanger : l’importance de la demande liée au tourisme, à l’activité économique et aux déplacements quotidiens, le rôle stratégique de ces villes dans le développement national et la capacité à déployer un service fiable avec des opérateurs de transport agréés.

Le responsable a également mis en avant le potentiel de la plateforme pour soutenir l’emploi des jeunes. Alors que le chômage urbain reste élevé chez les moins de 25 ans, Uber considère que son modèle peut offrir des opportunités économiques flexibles à travers l’activité indépendante. Il a également rappelé le partenariat mondial conclu avec Accor via le programme de fidélité ALL, dont le Maroc figure parmi les premiers marchés bénéficiaires.

Pour le moment, Uber concentre ses efforts sur le transport de personnes. Les services de livraison de repas ou de colis proposés dans d’autres pays ne figurent pas parmi les priorités immédiates de l’entreprise au Maroc.

Fondée en 2010, Uber revendique plus de 68 milliards de trajets réalisés dans le monde. L’entreprise n’a toutefois pas communiqué le nombre de chauffeurs partenaires recrutés à Agadir et Tanger ni ses objectifs de part de marché.

L’expansion de la plateforme intervient dans un contexte réglementaire encore incertain. Les applications de transport comme Uber, inDrive, Yango et Bolt opèrent au Maroc sans cadre juridique spécifique. Cette situation alimente régulièrement des tensions avec les chauffeurs de taxi, qui dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale.

En octobre 2025, le ministère du Transport et de la Logistique avait annoncé qu’il ne délivrerait plus d’autorisations aux services fonctionnant via des applications mobiles, estimant que la réglementation actuelle ne permettait pas ce type d’activité.

Pour limiter les risques, Uber affirme collaborer uniquement avec des opérateurs de transport disposant des autorisations requises. Malgré cela, la question de l’encadrement légal du secteur reste ouverte.

Début 2025, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit reconnaissait que les véhicules de transport à la demande ne pouvaient pas encore être intégrés officiellement au système existant. Quelques mois plus tard, il indiquait devant les députés que le Maroc disposerait de plateformes de transport organisées, laissant entendre qu’une légalisation progressive du secteur était envisagée. À ce jour, aucun cadre réglementaire définitif n’a encore été adopté.

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