Netanyahu rejette le plan américain pour Gaza, les discussions avec l’Iran restent indirectes
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté un plan américain en 15 points destiné à mettre fin à la guerre à Gaza, malgré son approbation par le Hamas le mois dernier. En parallèle, l’Iran refuse pour l’instant toute négociation directe avec Washington, tout en maintenant des échanges par l’intermédiaire de pays tiers.
La position de Netanyahu complique les efforts de médiation engagés depuis plusieurs mois et réduit les perspectives d’un accord rapide. Le Premier ministre israélien affirme que tout retrait de l’armée de Gaza reste conditionné au désarmement complet du Hamas.
« L’armée ne se retirera pas tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé », a déclaré Netanyahu lors d’une réunion gouvernementale dimanche.
Le chef du gouvernement israélien a également indiqué que les échanges avec Washington se poursuivaient. Il estime toutefois que certaines dispositions du projet américain correspondent aux priorités d’Israël tandis que d’autres restent inacceptables.
Le plan présenté le 30 juillet par le président américain Donald Trump prévoit un démantèlement progressif des capacités militaires du Hamas. Le dispositif cible notamment les armes lourdes, les sites de production, les stocks d’armes et le réseau de tunnels.
Israël défend toutefois une conception plus large du désarmement. Netanyahu exige la disparition de l’ensemble des armes détenues par le Hamas, y compris les armes légères.
Le projet américain prévoit également la mise en place à Gaza d’une administration palestinienne technocratique placée sous la supervision d’un « Board of Peace ». Le rôle limité de cette structure soulève cependant des interrogations sur sa capacité à appliquer l’accord sans le soutien d’Israël.
Pour les médiateurs, le rejet israélien constitue un nouveau revers. Des observateurs estiment que les conditions posées par Netanyahu remettent en question l’ordre des étapes prévues dans les négociations et pourraient contraindre les parties à reprendre une partie du processus depuis le début.
La situation humanitaire reste également au centre des préoccupations. Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu en octobre dernier, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 1 250 personnes ont été tuées et plus de 4 100 blessées depuis le début de la trêve. Des centaines de personnes seraient toujours portées disparues sous les décombres.
Depuis le début de la guerre en octobre 2023, le bilan communiqué par les autorités sanitaires de Gaza dépasse 73 000 morts et 174 000 blessés.
La crise dépasse désormais le seul territoire palestinien. L’Iran refuse actuellement des négociations directes avec les États-Unis, mais son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi affirme que des messages continuent de circuler par l’intermédiaire de parties tierces.
Téhéran cherche ainsi à maintenir un canal diplomatique sans reprendre directement les discussions avec Washington. Cette approche intervient alors que les tensions régionales restent élevées.
Au sud de l’Arabie saoudite, les Houthis du Yémen ont affirmé avoir frappé une installation de Saudi Aramco à Jizan. L’attaque aurait provoqué un incendie. Cette revendication, si elle est confirmée, illustre l’extension des tensions autour des infrastructures énergétiques de la région.
L’Iran a également fixé des conditions à une éventuelle réouverture d’une voie maritime stratégique. Le Corps des gardiens de la révolution islamique réclame notamment la fin de ce qu’il présente comme un blocus naval américain et une compensation pour les dommages liés à la guerre.
Ces exigences associent désormais la sécurité maritime aux différends politiques entre Téhéran et Washington. Elles font également peser de nouvelles incertitudes sur les routes commerciales internationales.
Un processus diplomatique sous pression
Les différents dossiers restent liés par une même dynamique. À Gaza, Israël durcit ses conditions concernant le désarmement du Hamas. Entre Washington et Téhéran, les contacts se poursuivent mais uniquement par l’intermédiaire de tiers. En mer Rouge et dans le Golfe, les tensions continuent de menacer les infrastructures et les flux commerciaux.
Cette configuration réduit la marge de manœuvre des médiateurs. Chaque acteur affirme rester ouvert à une solution diplomatique, tout en maintenant des exigences qui rendent un compromis plus difficile.
Le rejet du plan américain par Netanyahu intervient ainsi à un moment où les efforts visant à établir une sortie de guerre restent fragiles. Sans accord sur le désarmement du Hamas, le retrait israélien et la future gouvernance de Gaza, le dispositif proposé par Washington peine à réunir les conditions nécessaires à sa mise en œuvre.
Dans le même temps, le maintien de canaux indirects entre Washington et Téhéran montre que la diplomatie n’est pas totalement interrompue. Mais l’absence de négociations directes et la multiplication des foyers de tension entretiennent l’incertitude sur l’évolution du conflit régional.
