Les Gardiens de la révolution revendiquent le contrôle du détroit d’Ormuz
Les Gardiens de la révolution iraniens affirment exercer un « contrôle décisif » sur le détroit d’Ormuz et démentent catégoriquement les déclarations américaines annonçant sa réouverture. Cette nouvelle confrontation verbale intervient alors que des milliers de marins restent bloqués dans le Golfe Persique et que les efforts diplomatiques tentent de dessiner un corridor maritime temporaire après six mois de crise.
La marine du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran affirme que le détroit d’Ormuz demeure sous son contrôle, rejetant comme un « pur mensonge » les déclarations américaines selon lesquelles cette voie maritime stratégique serait désormais ouverte. Selon les Gardiens de la révolution, ces affirmations viseraient notamment à manipuler les prix du pétrole et à masquer les échecs américains.
Cette déclaration est intervenue quelques heures après une annonce du chef du Commandement central américain. L’amiral Brad Cooper a affirmé jeudi que les forces américaines avaient achevé le déminage des couloirs de navigation et que toutes les mines posées sur les routes de transit internationalement reconnues avaient été retirées. Il a alors proclamé que « le détroit est ouvert ».
Téhéran a immédiatement contesté cette version. La marine des Gardiens de la révolution a déclaré que la voie maritime restait « totalement fermée à tous les navires cherchant à y passer sans coordination avec la République islamique ». Elle a ajouté que cette situation perdurerait jusqu’à la cessation de ce qu’elle qualifie de « méfaits de l’armée terroriste américaine » et jusqu’à la satisfaction des conditions iraniennes.
Ces positions opposées prolongent une impasse qui dure depuis six mois autour du détroit d’Ormuz, l’un des principaux passages maritimes de l’économie énergétique mondiale. La crise a fortement perturbé les marchés de l’énergie et continue de laisser des milliers de marins immobilisés en mer.
L’Organisation maritime internationale a annoncé vendredi qu’environ 6 000 marins, présents à bord de quelque 400 navires, ne pouvaient toujours pas quitter le Golfe Persique en toute sécurité. Ce bilan représente toutefois une baisse importante par rapport au début de la crise, lorsque près de 20 000 marins et 2 000 navires étaient bloqués.
Depuis le début du conflit, le 28 février, l’OMI a recensé au moins 70 attaques contre des navires commerciaux internationaux. Ces attaques ont entraîné la mort confirmée de 19 marins.
Un corridor maritime temporaire en discussion
Parallèlement à l’affrontement entre Washington et Téhéran, l’Iran et Oman poursuivent des discussions sur la création d’un corridor maritime temporaire à travers le détroit. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et son homologue omanais, Badr Albusaidi, ont évoqué mardi à Téhéran un « cadre provisoire » prévoyant une mission de déminage et l’ouverture de routes commerciales temporaires.
Selon les précisions apportées par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, le trafic commercial emprunterait les eaux iraniennes à l’aller et une combinaison d’eaux iraniennes et omanaises au retour. Les deux pays prévoient de négocier un accord permanent dans un délai compris entre 30 et 60 jours.
Téhéran a cependant exclu avec fermeté l’autorisation de passage de navires militaires dans le cadre de cet éventuel dispositif.
Une rivalité persistante autour du contrôle du détroit
La confrontation actuelle s’inscrit dans une guerre de déclarations qui perdure depuis le début du conflit élargi avec l’Iran, à la fin du mois de février. Le président Donald Trump a, à plusieurs reprises, affirmé que Washington dominait le détroit d’Ormuz. À la mi-août, il écrivait sur Truth Social que « les États-Unis ont le contrôle total du détroit d’Ormuz ».
La réponse iranienne a été tout aussi ferme. Hossein Taeb, chef des paramilitaires Basij, a soutenu que le détroit restait « sous la gestion et le contrôle de la République islamique ». Il a également averti que la poursuite des pressions économiques contre Téhéran pourrait provoquer des perturbations économiques pour les États-Unis et leurs alliés.
L’enjeu dépasse largement le seul affrontement politique entre les deux pays. Le détroit d’Ormuz assure habituellement le transit d’environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Malgré les annonces américaines sur le déminage et les revendications iraniennes de contrôle, la situation maritime reste donc marquée par une profonde incertitude, tandis que les négociations avec Oman tentent d’ouvrir une voie commerciale temporaire dans l’un des passages les plus stratégiques du monde.
