Iran durcit les règles de transit dans le détroit d’Ormuz
L’Iran renforce les règles applicables aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, avec des risques d’amendes, de détention ou de confiscation en cas d’infraction. Cette mesure intervient alors que Téhéran affirme davantage son contrôle sur cette voie maritime stratégique et que Washington prépare de nouvelles sanctions contre l’Iran.
L’Autorité iranienne du détroit du Golfe Persique, créée par Téhéran pour gérer le trafic maritime dans la zone, a publié dimanche un avertissement sur X. Elle recommande aux propriétaires de marchandises expédiées vers ou depuis le golfe Persique de consulter une liste actualisée des navires considérés comme non conformes avant de procéder à un affrètement.
L’autorité iranienne a également indiqué que tout navire participant à un transfert de cargaison de navire à navire ou à une opération de transbordement avec un bâtiment inscrit sur cette liste pourrait être ajouté à son tour à la liste des navires soumis à des restrictions.
Les armateurs souhaitant obtenir le retrait d’un navire de cette liste devront présenter une demande officielle aux autorités maritimes iraniennes. Cette demande devra être accompagnée d’explications et de documents justificatifs.
Ces nouvelles exigences augmentent les risques pour les armateurs et les affréteurs dont les navires empruntent le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime voit transiter une part importante des cargaisons mondiales de pétrole et de gaz.
La décision intervient aussi dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran et les États-Unis. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé dans une tribune publiée dimanche dans le Financial Times une offensive financière qu’il a présentée comme la plus importante jamais engagée contre un adversaire.
Bessent doit présenter lundi de nouvelles mesures visant plusieurs secteurs de l’économie iranienne, dont les banques, l’énergie, l’aéronautique et les cryptomonnaies.
Les deux pays n’ont pas réussi à parvenir à un accord global après l’expiration d’une période de cessez-le-feu de 60 jours. L’Iran a récemment menacé d’adopter une posture militaire « pleinement offensive » alors que les efforts diplomatiques s’enlisaient.
Le parlement iranien travaille par ailleurs à la formalisation de frais liés à la navigation ainsi qu’aux services environnementaux et de sécurité dans le détroit, selon l’agence semi-officielle Fars. L’autorité iranienne avait déjà averti en juin que la sécurité du passage ne serait pas garantie aux navires utilisant des itinéraires différents de ceux qu’elle avait désignés.
Le détroit d’Ormuz sépare l’Iran d’Oman et relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Il constitue ainsi un point central des tensions entre Washington et Téhéran. Scott Bessent a également averti que les pays servant d’« artère financière » au régime iranien pourraient subir les conséquences de son isolement.
