Le Hamas accepte un cadre de désarmement à Gaza sous conditions
Le Hamas a accepté un cadre de désarmement progressif dans la bande de Gaza, tout en subordonnant son application au respect d’une série d’engagements par Israël. Cette évolution intervient après l’annonce du président américain Donald Trump, qui a salué un « accord historique » négocié sous l’égide du Conseil de la Paix. Malgré cette avancée diplomatique, les divergences entre les parties restent profondes et la mise en œuvre de l’accord s’annonce particulièrement complexe.
Selon Donald Trump, le Conseil de la Paix est parvenu à un accord prévoyant le désarmement complet du Hamas ainsi que des autres groupes armés présents dans la bande de Gaza. Le président américain a présenté cette initiative comme une étape majeure vers une paix durable, tout en remerciant les médiateurs égyptiens, qataris et turcs qui ont facilité plusieurs mois de négociations organisées à El Alamein, en Égypte.
Le cadre proposé repose sur un processus progressif. Les armes du Hamas seraient transférées au Comité national pour l’administration de Gaza, un organisme technocratique palestinien chargé d’assurer la transition administrative du territoire. Les armes lourdes, les tunnels ainsi que les infrastructures de fabrication d’armement seraient ensuite démantelés sur une période estimée entre 200 et 350 jours.
Parallèlement, une force internationale de stabilisation serait déployée afin de garantir la sécurité durant le retrait progressif des forces israéliennes. Cette mission travaillerait aux côtés d’une nouvelle police palestinienne appelée à prendre progressivement le contrôle du maintien de l’ordre dans l’enclave.
Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de la Paix pour Gaza, a souligné que cet accord est le résultat de plusieurs mois de négociations particulièrement difficiles. Il a également insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de vérification crédibles afin de garantir le respect des engagements pris par chaque partie.
Le Hamas confirme son adhésion au cadre général mais pose plusieurs conditions essentielles avant tout désarmement effectif. Ghazi Hamad, responsable du mouvement, a déclaré que le groupe ne remettrait pas ses armes tant qu’Israël ne mettrait pas fin à ses opérations militaires, n’augmenterait pas les flux d’aide humanitaire vers Gaza et ne retirerait pas ses forces conformément aux dispositions prévues dans l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre.
Le mouvement palestinien affirme également que les armes ne seront pas remises à Israël mais placées sous la supervision du Comité national pour l’administration de Gaza. Cette précision illustre la volonté du Hamas de préserver une dimension palestinienne dans le processus de désarmement et d’éviter toute image de capitulation directe face à Israël.
Du côté israélien, aucune réaction officielle n’a suivi immédiatement les déclarations de Donald Trump. Avant l’annonce américaine, un responsable israélien avait toutefois indiqué que la proposition en quinze points ne répondait pas pleinement aux exigences israéliennes concernant une démilitarisation complète et préalable du Hamas.
Des responsables américains reconnaissent eux-mêmes que le gouvernement israélien demeure très prudent quant à la volonté réelle du Hamas de renoncer à son arsenal. Washington considère néanmoins que le dispositif repose sur des engagements progressifs et des mécanismes de contrôle plutôt que sur un simple acte de confiance entre les deux adversaires.
Les premiers gestes concrets pourraient intervenir rapidement. Selon l’Associated Press, la police de Gaza commencerait à remettre certaines armes dans un délai de deux semaines. Toutefois, cette première étape concernerait essentiellement les forces de police et non l’essentiel des combattants du Hamas ni les armements les plus stratégiques.
Le contexte régional demeure également un facteur d’incertitude. Des informations indiquent que les Gardiens de la révolution islamique iraniens auraient encouragé le Hamas à ne pas accepter ce plan lors d’échanges récents à Téhéran. Des responsables américains estiment cependant que l’Iran est actuellement mobilisé par ses propres tensions avec les États-Unis, limitant ainsi sa capacité à influencer directement l’évolution du dossier gazaoui.
Les médiateurs internationaux poursuivent désormais leurs efforts afin de transformer cet accord de principe en calendrier opérationnel. Une réunion est attendue au Caire pour préciser les modalités d’application du dispositif, notamment les mécanismes de vérification, le calendrier du retrait israélien et l’organisation de la sécurité durant la transition.
L’avenir de ce processus dépendra désormais de la capacité des différentes parties à respecter leurs engagements réciproques. Si le cadre présenté ouvre une nouvelle perspective diplomatique après des mois de conflit, les exigences contradictoires du Hamas et d’Israël montrent que le chemin vers une démilitarisation effective et une stabilisation durable de Gaza reste semé d’obstacles.
