Driss Lachgar appelle à une responsabilité politique collective après la crise de Ceuta
La récente vague de migration irrégulière vers l’enclave occupée de Ceuta continue d’alimenter le débat politique au Maroc. Le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachgar, estime que cette crise ne peut être imputée au seul gouvernement. Selon lui, l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels portent une part de responsabilité dans un phénomène qui dépasse les clivages partisans.
Lors d’une réunion élargie du conseil régional de son parti à Oujda, Driss Lachgar a rejeté toute tentative d’utiliser cette tragédie à des fins politiques. Il a affirmé que la souffrance des victimes et des familles endeuillées ne devait pas devenir un instrument de confrontation entre majorité et opposition.
Le dirigeant de l’USFP a reconnu qu’il serait facile d’accuser exclusivement l’exécutif. Il considère toutefois qu’une telle approche occulte les causes profondes de la migration irrégulière et les responsabilités accumulées au fil des années. Il a rappelé que le Maroc a déjà connu plusieurs drames maritimes liés aux embarcations clandestines, preuve que cette problématique s’inscrit dans la durée.
Des critiques sur la communication gouvernementale
Tout en refusant de concentrer les critiques sur le gouvernement, Driss Lachgar a dénoncé la gestion de la communication officielle durant les événements. Il a regretté l’absence de prises de parole rapides de plusieurs responsables, notamment le chef du gouvernement, le porte-parole de l’exécutif, les autorités locales et les représentants élus.
Selon lui, ce silence institutionnel a laissé un vide informationnel au moment où les familles des victimes et l’opinion publique cherchaient des réponses. Cette situation a conduit de nombreux citoyens à suivre les développements à travers les médias étrangers plutôt que par des canaux officiels marocains.
Pour le responsable socialiste, une communication plus rapide, coordonnée et transparente aurait permis de limiter les rumeurs et de mieux accompagner les proches des victimes dans un contexte particulièrement sensible.
L’USFP privilégie les contacts internationaux
Driss Lachgar a indiqué que son parti avait volontairement choisi de ne pas publier de communiqué qu’il qualifie d’émotionnel, contrairement à certaines formations politiques. L’USFP a préféré mener des consultations avec des partis socialistes et de gauche en Europe afin de défendre les positions du Maroc sur la scène internationale.
Cette stratégie, selon lui, vise à expliquer les défis auxquels le Royaume est confronté en matière de migration et à promouvoir une lecture plus équilibrée de la situation auprès de partenaires politiques européens.
Le responsable politique estime que les réactions à chaud ne permettent pas de traiter efficacement une crise aussi complexe et que le dialogue avec les partenaires internationaux constitue un levier plus utile pour préserver les intérêts du pays.
Au-delà de la crise migratoire
Pour Driss Lachgar, la priorité doit désormais être de rendre hommage aux victimes et de s’attaquer aux facteurs qui alimentent les départs irréguliers. Il souligne que les difficultés économiques, les attentes sociales et les transformations géopolitiques exigent des réponses structurelles plutôt que des polémiques politiques.
Il a également mis en garde contre la progression des discours de haine, du racisme et de l’extrême droite dans plusieurs pays européens. Selon lui, cette évolution représente un défi majeur pour les communautés marocaines établies à l’étranger.
Le dirigeant de l’USFP rappelle que plus de cinq millions de Marocains vivent hors du Royaume et que les institutions, les partis politiques et les partenaires internationaux doivent œuvrer ensemble pour garantir leur sécurité, défendre leurs droits et lutter contre toute forme de discrimination.
Dans ce contexte, les déclarations de Driss Lachgar relancent le débat sur la manière dont les crises migratoires doivent être gérées, tant sur le plan politique que communicationnel. Elles mettent également en lumière la nécessité d’une approche collective associant les pouvoirs publics, les partis politiques et les partenaires internationaux afin d’apporter des réponses durables à un phénomène qui demeure l’un des principaux défis de la région.
