Dépression : l’extraversion liée à une guérison plus rapide
Une étude parue dans le Journal of Affective Disorders montre que le névrosisme ralentit la guérison de la dépression, tandis que l’extraversion l’accélère.
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Le rythme de récupération d’un patient hospitalisé pour dépression varie selon sa personnalité. C’est ce que montre une étude menée par des chercheurs de l’Université de Münster et de la Charité Universitätsmedizin Berlin, publiée dans le Journal of Affective Disorders.
Un niveau moyen élevé de névrosisme, soit une propension aux émotions négatives, ralentit l’amélioration de 14 symptômes dépressifs, parmi lesquels la tristesse, l’irritabilité, les idées suicidaires, l’insomnie et la perte d’appétit. Les patients plus extravertis, eux, voient reculer plus vite sept symptômes, notamment la difficulté à travailler, l’indécision et le pessimisme.
L’équipe, conduite par Mara Carlotta Berg et Maike Richter sous la supervision de Mitja Back et Nils Opel, a suivi 334 patients d’un hôpital universitaire allemand. Tous souffraient de troubles affectifs ou psychotiques et sont restés hospitalisés au moins quatre semaines. Environ toutes les deux semaines, ils remplissaient un questionnaire portant sur 21 symptômes dépressifs, ainsi qu’un test court de 15 questions consacré aux cinq grands traits de personnalité, les « Big Five ».
Les autres traits ont également pesé dans la balance. L’agréabilité est associée à une baisse plus rapide de l’auto-accusation, de la culpabilité et des préoccupations liées à l’image du corps. L’ouverture est liée à un retour plus rapide du désir sexuel. Quant à la conscienciosité, elle a progressé tout au long du séjour, sans effet mesurable sur le rythme de recul de chaque symptôme pris isolément.
Au fil de l’hospitalisation, le névrosisme des patients a diminué tandis que leur extraversion et leur conscienciosité augmentaient, à mesure que leur état s’améliorait. Les auteurs précisent que leurs données, de nature observationnelle, ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet, et que le questionnaire abrégé utilisé manque de précision. Ils rappellent qu’environ un tiers des patients ne répondent pas aux traitements standards, et suggèrent de suivre les malades pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, après leur sortie de l’hôpital.




