Guarana, griffe de chat, baccharis, muira puama : quatre plantes amazoniennes pour l’hiver
Guarana, griffe de chat, baccharis et muira puama : doses, usages et contre-indications de ces plantes amazoniennes selon des spécialistes.

Photo d'illustration
Quatre plantes originaires du bassin amazonien reviennent souvent dans les conseils des spécialistes de la phytothérapie pour traverser les mois froids : le guarana, la griffe de chat, le baccharis et le muira puama. Chacune correspond à un usage particulier, avec des dosages précis et des profils de personnes qui doivent éviter d’y recourir.
Avant toute prise, un passage chez un médecin ou un pharmacien reste indispensable : les composants actifs de ces plantes peuvent interagir avec certains traitements.
Le guarana contre la fatigue
Le guarana est un arbuste amazonien dont les graines contiennent davantage de caféine que le café ou le thé. Cette caféine, également nommée guaranine, agit directement sur le système nerveux central.
La pharmacienne et aromathérapeute Françoise Couic Marinier l’explique ainsi :
« La caféine stimule le système nerveux central, notamment la dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans l’éveil et l’énergie physique et mentale. »
Grâce aux tanins contenus dans les graines, l’assimilation de la caféine par l’organisme se fait plus lentement, ce qui étire la stimulation dans le temps sans provoquer d’excitation brutale. La guaranine aurait par ailleurs un effet coupe-faim et contribuerait à réduire le cholestérol, en déclenchant la lipolyse — le mécanisme par lequel les graisses stockées passent dans le sang pour être brûlées en énergie.
Elle se prend en une cuillère à café de poudre mélangée à un muesli ou un jus, sans dépasser 2 g par jour, ou sous forme de gélules le matin et à midi. Son effet stimulant impose de ne pas en consommer après 15 heures. Le guarana est à éviter en cas d’hypertension non traitée, de palpitations ou d’intolérance à la caféine.
La griffe de chat pour les articulations
Connue localement sous le nom d’unha de gato, la griffe de chat tient son nom de ses épines recourbées. Les chamans d’Amazonie la considèrent comme une plante aux vertus multiples. Son écorce et ses racines, chargées de polyphénols — flavonoïdes et tanins notamment —, possèdent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes utiles contre l’arthrose, l’arthrite et d’autres douleurs rhumatismales.
Elle contient également un alcaloïde, la rhynchophylline, capable d’augmenter la présence de dopamine et de sérotonine dans l’organisme, deux substances qui favorisent la détente et modulent la perception de la douleur.
Les doses conseillées varient entre 1 et 2 g par jour en gélules ou poudre, une à trois prises quotidiennes de teinture mère dosées à quelques millilitres, ou deux tasses par jour d’une décoction préparée avec une cuillère à café d’écorce infusée dans un quart de litre d’eau. Mieux vaut éviter de la prendre le soir, son action sur la dopamine risquant de perturber le sommeil.
Elle est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’aux personnes souffrant de pathologies auto-immunes, puisqu’elle stimule les défenses immunitaires, aux patients greffés en raison d’un risque de rejet, et à ceux qui suivent un traitement anticoagulant, la plante ayant un léger effet fluidifiant sur le sang.
Le baccharis pour le foie
Les tribus amazoniennes utilisent traditionnellement le baccharis pour ses propriétés dépuratives. Ses tiges et ses fleurs renferment plus de 150 composés, dont des substances amères qui aident la digestion, à l’image du carquéjol, un monoterpénol qui active la sécrétion biliaire tout en préservant les cellules de l’oxydation. S’y ajoutent des flavonoïdes aux effets antioxydants et anti-inflammatoires. Son action diurétique lui vaudrait aussi des effets amincissants et hypotenseurs.
On le consomme en une cuillère à café de poudre diluée dans une boisson, chaude ou froide, une fois par jour, en gélules à raison de 900 mg quotidiens avant les repas, ou en décoction préparée avec 10 à 15 g de fleurs et de tiges séchées pour un litre d’eau. Son usage est à éviter pendant la grossesse et l’allaitement ; il est contre-indiqué chez les diabétiques et les personnes sous traitement pour la tension artérielle, le baccharis pouvant renforcer l’effet des médicaments jusqu’au surdosage.
Le muira puama et la libido
Depuis longtemps, les peuples autochtones d’Amazonie se servent de cet arbuste comme tonique et contre les troubles de l’érection. Son écorce et ses racines renferment des alcaloïdes, dont la muirapuamine, aux côtés de polyphénols et d’huiles essentielles qui dilatent les vaisseaux sanguins et améliorent ainsi la circulation et l’oxygénation musculaire. Des stérols présents dans la plante activent également certains récepteurs hormonaux, dont ceux de la testostérone.
En 1994, une étude conduite par le Dr Jacques Waynberg, de l’Institut de sexologie de Paris, a porté sur 262 hommes présentant un faible désir sexuel. En seulement deux semaines, avec un extrait de plante dosé entre 1 et 2,5 g, plus de 60 % d’entre eux ont rapporté une amélioration et la moitié a constaté de meilleures érections.
« Le muira puama est aussi apprécié des femmes pour atténuer les symptômes de la ménopause et du syndrome prémenstruel », relève de son côté Rafaela Tillier, naturopathe brésilienne et autrice d’un ouvrage consacré aux pratiques traditionnelles de soin issues de la forêt amazonienne.
Les doses suggérées vont de 1 000 à 2 000 mg de poudre le matin et à midi, ou 30 gouttes de teinture mère prises deux à trois fois par jour. Pour une décoction, une cuillère à soupe du mélange écorce-racine est plongée dans un demi-litre d’eau froide, portée à ébullition durant cinq minutes puis laissée infuser dix minutes hors du feu ; deux à trois tasses peuvent être bues quotidiennement. La plante est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes hypertendues ou cardiaques, à celles ayant des antécédents de cancer hormonodépendant ou d’endométriose, ainsi qu’aux patients sous hormones stéroïdiennes ou antidépresseurs.
Un avis médical préalable
Pour le phytothérapeute Dr Jean-Michel Morel, demander conseil est d’autant plus important que « les effets de ces plantes (à l’exception du guarana) restent encore souvent en partie méconnus et les circuits de distribution parfois incertains ». Mieux vaut éviter les achats sur des plateformes en ligne dont l’origine n’est pas vérifiée, en particulier durant les mois froids.
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