Hyundai lance la production de l’Ioniq 3 en Turquie pour le marché européen
Hyundai accélère sa stratégie électrique en Europe avec le lancement de la production en série de l’Ioniq 3 dans son usine d’İzmit, en Turquie. Le constructeur sud-coréen devient ainsi le premier constructeur automobile étranger à produire une voiture particulière entièrement électrique en Turquie.
Le nouveau modèle compact est également disponible à la commande au Royaume-Uni et sur plusieurs marchés européens. Son prix débute à 22 245 livres au Royaume-Uni, soit environ 30 000 dollars. Selon la configuration choisie, l’Ioniq 3 peut offrir jusqu’à 496 kilomètres d’autonomie.
250 millions d’euros pour transformer l’usine d’İzmit
Le démarrage de la production intervient après deux années de modernisation du site turc. Hyundai a investi 250 millions d’euros pour adapter plus de la moitié de l’usine à la fabrication de véhicules électriques.
Le site devrait produire dans un premier temps 30 000 Ioniq 3 par an. Plus de 1 000 salariés sur les quelque 2 400 employés de l’usine ont été reconvertis afin d’accompagner cette évolution industrielle.
Fondée en 1997, l’usine d’İzmit constitue la plus ancienne implantation industrielle de Hyundai à l’étranger. L’investissement cumulé du constructeur dans ce site atteint désormais 1,18 milliard d’euros.
Hyundai prévoit aussi d’élargir les capacités industrielles du site. Une unité d’assemblage de batteries est en construction avec Hyundai Mobis. Le plan d’investissement global consacré à l’usine atteint 715 millions d’euros.
À partir de 2027, l’usine doit également accueillir la production des prochaines générations hybrides de la Bayon et de la i20.
Pour Hyundai, cette transformation répond à un double objectif. Le constructeur cherche à renforcer sa production locale tout en rapprochant ses capacités industrielles des marchés européens. Cette organisation doit aussi lui permettre d’adapter plus rapidement sa production à l’évolution de la demande en matière de véhicules électrifiés.
Une citadine électrique pensée pour l’Europe
L’Ioniq 3 adopte un positionnement compact destiné au marché européen. Longue de 4,155 mètres, elle appartient au segment B tout en proposant un coffre de 441 litres.
Le modèle repose sur la plateforme E-GMP de Hyundai avec une architecture électrique de 400 volts. Sa carrosserie adopte une forme baptisée Aero Hatch, conçue pour réduire la résistance à l’air. Le coefficient de traînée annoncé atteint 0,263.
L’Ioniq 3 inaugure aussi le système d’infodivertissement Pleos Connect en Europe pour Hyundai. Cette nouvelle interface doit renforcer la place des services numériques dans l’expérience proposée aux conducteurs.
Au Royaume-Uni, quatre niveaux de finition sont proposés. La gamme commence avec la version Advance à 22 245 livres et atteint 31 945 livres pour la N Line Evo.
La version d’entrée de gamme associe une batterie de 42 kWh à un moteur développant 147 chevaux. Elle affiche une autonomie annoncée de 213 miles, soit environ 343 kilomètres.
Une batterie de 61 kWh permet de porter l’autonomie jusqu’à 308 miles, soit près de 496 kilomètres. Cette version place l’Ioniq 3 face aux modèles électriques compacts qui cherchent à combiner prix d’accès, autonomie et usage urbain.
Aux Pays-Bas, les tarifs commencent à 27 995 euros. Hyundai prévoit les premières livraisons européennes à partir de la fin septembre.
Une production locale pour répondre à la demande européenne
Le choix de la Turquie s’inscrit dans la stratégie industrielle de Hyundai en Europe. La localisation de la production permet au constructeur de disposer d’un site proche de plusieurs marchés européens tout en renforçant les capacités électriques d’une usine qui produisait déjà des modèles destinés à la région.
Le développement de l’Ioniq 3 intervient aussi dans un contexte de concurrence accrue sur le marché européen de la voiture électrique. Les constructeurs cherchent à proposer des modèles plus accessibles alors que la demande se déplace progressivement vers des véhicules compacts et polyvalents.
Hyundai affirme que l’Ioniq 3 a suscité un niveau d’intérêt particulièrement élevé avant son lancement. Selon le constructeur, le modèle aurait enregistré le niveau d’intérêt le plus important jamais constaté pour un nouveau véhicule Hyundai, en comparaison avec ses gammes électriques et thermiques.
Un modèle absent du marché américain
L’Ioniq 3 a été développée spécifiquement pour l’Europe et ne sera pas commercialisée aux États-Unis. Hyundai considère que l’importation du modèle depuis la Turquie vers le marché américain ne serait pas rentable en raison des droits de douane.
Cette décision confirme le positionnement régional du véhicule. Hyundai mise sur İzmit pour répondre aux besoins du marché européen, avec une production locale et une gamme appelée à évoluer vers davantage d’électrification.
Le lancement de l’Ioniq 3 marque ainsi une nouvelle étape pour l’usine turque. Le site ne se limite plus à accompagner la transition vers les véhicules électriques. Il devient un élément central de la stratégie de production de Hyundai pour l’Europe, avec des investissements dans les batteries et l’hybridation qui doivent prolonger cette transformation au cours des prochaines années.
