Détenus de Gdeim Izik : le CNDH dresse le bilan de leur grève de la faim

Grève de la faim des détenus de Gdeim Izik : le CNDH publie un rapport sur leur santé, leurs demandes de transfert et la réponse de la DGAPR.

Rapport du CNDH, installation pénitentiaire et détenu visible

Photo : Conseil national des droits de l'homme

Les détenus condamnés dans l’affaire de Gdeim Izik qui avaient entamé une grève de la faim l’ont tous cessée entre le 30 septembre et le 15 octobre 2026. Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) le précise dans un rapport publié mercredi 28 octobre.

Ce document complète l’annonce faite par le Conseil sur sa page Facebook officielle le 16 octobre. Il détaille les motifs de la protestation, la position de l’administration pénitentiaire et le suivi médical assuré aux grévistes.

Des visites dans quatre prisons

Sur instruction de sa présidente, des équipes pluridisciplinaires du CNDH se sont rendues dans les établissements de Kénitra, Tiflet 2, Marrakech « Loudaya » et Benguerir. Une première série de visites a eu lieu le 29 septembre, suivie de visites de suivi les 14 et 15 octobre.

Ces équipes se sont appuyées sur le guide pratique consacré à la gestion de la grève de la faim en milieu carcéral, élaboré par le CNDH avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), la Présidence du ministère public, le ministère de la Santé et le Comité international de la Croix-Rouge. Les entretiens se sont déroulés en toute confidentialité, et des médecins du Conseil ont procédé à des examens individuels dans le respect du secret médical, après avoir consulté les dossiers des détenus et rencontré les médecins des prisons.

Le rapprochement familial au cœur des demandes

Les grévistes réclamaient avant tout leur transfert vers des établissements plus proches du domicile de leurs familles. La DGAPR leur a fait savoir que ces demandes ne pouvaient aboutir, les prisons choisies n’étant pas adaptées à la durée de leurs peines ou étant réservées à d’autres catégories de détenus. La suspension des appels téléphoniques a, elle, été justifiée par un usage du service à des fins non familiales, contraire au règlement intérieur.

À la prison centrale de Kénitra, أحمد السباعي, محمد البشير بوتنكيزة et حسن الزاوي avaient notifié par écrit le début de leur grève le 23 septembre. Placés à l’infirmerie de l’établissement, ils ont signalé ne pas avoir récupéré certains effets personnels ; après la médiation du Conseil, le directeur a ordonné qu’ils leur soient rendus. حسن الزاوي a par ailleurs refusé les visites familiales, y compris celle de son épouse, pour épargner à ses proches le trajet entre Laâyoune et Kénitra.

À Tiflet 2, un détenu a affirmé, comme le directeur de l’établissement, ne pas être en grève, tout en renouvelant sa demande de transfert près de sa famille à Laâyoune. Un autre détenu a refusé de rencontrer l’équipe le 29 septembre, se montrant agité. Le 14 octobre, il avait été transféré à l’hôpital de Khémisset, puis à l’hôpital Moulay Youssef de Rabat, où il a pu être vu. Un troisième détenu, qui a déclaré ne pas avoir fait grève, a été transféré le 25 septembre à la prison locale Laâyoune 2, le reliquat de sa peine étant inférieur à quatre ans.

Un état de santé jugé stable

النعمة الأسفاري et حسن داه, détenus à Marrakech « Loudaya » et à Benguerir, avaient eux aussi cessé de s’alimenter le 23 septembre. Selon le rapport, leur état était stable, tandis qu’أحمد السباعي et حسن الزاوي présentaient un état général normal avec quelques symptômes légers. محمد البشير بوتنكيزة a refusé l’examen médical.

النعمة الأسفاري a suspendu sa grève par une lettre adressée le 30 septembre au délégué général de la DGAPR. Cinq détenus ont arrêté le 14 octobre, le dernier le lendemain. Certains ont décrit leurs conditions de détention comme normales, sans formuler de plainte particulière.

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