Cameroun : le FIDA partenaire fondateur du Pacte AgriConnect avec la Banque mondiale
Le FIDA, partenaire fondateur du Pacte AgriConnect lancé au Cameroun avec la Banque mondiale, mise sur huit filières agricoles d’ici 2030.
Photo : Fonds international de développement agricole
Huit filières, 24 interventions et une facture alimentaire importée à réduire de 28 % : le Cameroun a lancé mercredi 21 octobre à Yaoundé le Pacte national AgriConnect. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) s’y présente comme partenaire fondateur, selon un communiqué publié jeudi par l’agence onusienne.
L’initiative réunit le Gouvernement du Cameroun, le Groupe de la Banque mondiale et les partenaires du développement. Ses promoteurs veulent accélérer la mutation de l’agropastoral et de l’agroalimentaire, renforcer la sécurité alimentaire, attirer des capitaux publics et privés, et générer de l’emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes.
Un secteur qui pèse 42 % des emplois
L’agroalimentaire fait vivre quelque 4,7 millions d’actifs camerounais, soit environ 42 % de l’emploi, et contribue pour près de 17 % au PIB, d’après le FIDA. Son essor bute pourtant sur des obstacles d’accès : financements, débouchés commerciaux, technologies, infrastructures et intrants de bonne qualité restent difficiles à obtenir.
Chaque année, le pays consacre en moyenne 3,5 % de son PIB à l’achat de denrées à l’étranger. Un niveau qui illustre, selon l’organisation, la marge disponible pour produire et transformer davantage sur place.
Trois piliers et huit filières
Le texte s’organise en trois volets. Le premier consiste à consolider les bases de l’agroalimentaire, le deuxième à accélérer les réformes réglementaires et politiques, le troisième à rendre le crédit plus accessible aux entreprises comme aux producteurs. Les filières retenues sont le cacao, le manioc, le soja, le maïs, le riz et le palmier à huile, auxquels s’ajoutent l’aquaculture et la production laitière.
Préparé conjointement par le Gouvernement et le Groupe de la Banque mondiale, avec le concours des acteurs privés et des bailleurs, le dispositif prend appui sur trois documents de référence : la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), la Stratégie de développement du secteur rural/Plan national d’investissement agricole (SDSR/PNIA) et le Plan intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique (PIISAH).
Des cibles chiffrées pour 2030
Pour le maïs, l’objectif est d’atteindre 6 millions de tonnes récoltées chaque année d’ici 2030. L’huile de palme devrait grimper à 800 000 tonnes et les produits halieutiques à 450 530 tonnes. Le pays vise par ailleurs 55 % d’autosuffisance pour le riz, tandis que la production locale de lait devrait satisfaire 60 % des besoins nationaux.
Côté importations alimentaires, la dépense serait ramenée d’environ 1,6 milliard de dollars à 1,15 milliard. Semences, irrigation, mécanisation, infrastructures rurales, stockage, transformation, chaîne du froid, vulgarisation, foncier, numérique, cadre réglementaire et financement figurent parmi les 24 chantiers programmés. Pour la seule partie déjà évaluée, le coût atteint près de 1,87 milliard de dollars entre 2026 et 2030.
Quatre projets du FIDA en appui
Présent à la cérémonie, Eric Rwabidadi, Directeur de pays du FIDA, y représentait aussi le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Cameroun.
« Le FIDA est fier d’être partenaire fondateur de l’initiative AgriConnect »
Le responsable a assuré que l’organisation demeurait engagée auprès des autorités et de ses partenaires pour apporter son expérience et ses investissements, citant le soutien aux jeunes entrepreneurs agropastoraux, des chaînes de valeur inclusives, le financement rural et la résilience climatique.
L’agence mise sur son savoir-faire auprès des petits exploitants et sur quatre projets en cours : le PEA-Jeunes II, tourné vers les jeunes et les femmes porteurs de projets agropastoraux ; le PAIDATA, qui vise une intensification durable et la transition agroécologique du café et du cacao ; le PADFA II, centré sur l’oignon et le riz ; et l’ACREGIR, consacré à l’éco-entrepreneuriat et à l’adaptation aux changements climatiques.




