Al Hoceima face à un recul de ses débarquements halieutiques en 2026

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Le port d’Al Hoceima enregistre un ralentissement marqué de son activité de pêche durant les cinq premiers mois de 2026. Les débarquements de produits de la pêche côtière et artisanale ont reculé de 16% sur un an, selon les données publiées par l’Office national des pêches. Cette baisse s’accompagne d’une contraction encore plus nette de la valeur commerciale, révélant une pression croissante sur l’économie locale et sur certaines filières maritimes.

Sur la période étudiée, les quantités débarquées ont atteint 996 tonnes, contre un niveau supérieur enregistré un an plus tôt. La valeur globale s’est établie à 57,27 millions de dirhams, en baisse de 18% par rapport à 69,55 millions de dirhams à fin mai 2025. Ces chiffres confirment une tendance générale de ralentissement qui touche plusieurs segments du littoral marocain, dans un contexte de transformation des ressources halieutiques et de volatilité des captures.

Les poissons pélagiques figurent parmi les catégories les plus affectées. Les débarquements ont chuté de 19% pour atteindre 136 tonnes, tandis que leur valeur a reculé de 18% à 7,25 millions de dirhams. Cette baisse illustre une fragilité persistante de cette filière, souvent sensible aux conditions océanographiques et aux cycles naturels de migration des espèces.

Les poissons blancs présentent un profil légèrement différent. Les volumes ont diminué de 8% pour s’établir à 130 tonnes. Pourtant, leur valeur a progressé de 1%, atteignant plus de 5,41 millions de dirhams. Cette évolution suggère une meilleure valorisation sur le marché, probablement liée à une demande plus soutenue ou à une amélioration des prix à la première vente.

Les céphalopodes dominent toujours l’activité halieutique locale, mais ils enregistrent également un repli significatif. Les débarquements ont chuté de 18% pour atteindre 697 tonnes. Les revenus générés suivent la même trajectoire avec une baisse de 21% à 42,23 millions de dirhams. Cette contraction pèse lourdement sur les performances globales du port, étant donné la part importante de cette catégorie dans l’économie maritime d’Al Hoceima.

Dans ce paysage globalement négatif, un segment se distingue par sa dynamique positive. Les crustacés affichent une croissance notable avec une hausse de 46% des débarquements, atteignant 34 tonnes. Les revenus progressent également de 22% pour dépasser 2,37 millions de dirhams. Cette évolution confirme une demande soutenue et une meilleure résilience de cette filière face aux fluctuations du marché.

Au niveau national, la tendance reste également orientée à la baisse. Les produits de la pêche côtière et artisanale commercialisés au Maroc ont atteint 264 418 tonnes à fin mai 2026, soit un recul de 18% sur un an. Malgré cette diminution des volumes, le secteur maintient une certaine stabilité en valeur avec près de 4,4 milliards de dirhams générés, en léger recul de 1% seulement. Cette dissociation entre volumes et revenus souligne une évolution structurelle du marché, où la valorisation compense partiellement la baisse des captures.

Les données mettent en évidence des disparités importantes entre les catégories de produits et les ports. Certaines filières parviennent à maintenir leur valeur grâce à une meilleure organisation de la chaîne de commercialisation, tandis que d’autres subissent directement les effets de la raréfaction des ressources ou des conditions de pêche moins favorables.

Dans le contexte actuel, les acteurs du secteur suivent de près l’évolution des stocks halieutiques et les fluctuations du marché. Les professionnels de la pêche font face à un double défi. Adapter leurs pratiques aux réalités écologiques et sécuriser leurs revenus dans un environnement marqué par l’incertitude.

La situation d’Al Hoceima s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large qui interroge la durabilité des ressources marines et la capacité du secteur à maintenir son équilibre économique. Les prochains mois seront déterminants pour observer si cette tendance se stabilise ou si elle s’inscrit dans une phase prolongée de repli.

Un secteur sous tension entre adaptation et résilience

Les indicateurs actuels dessinent un secteur en transition. La baisse des volumes ne se traduit pas systématiquement par une chute équivalente des revenus, ce qui révèle une recomposition progressive de la valeur ajoutée. Les segments les plus résilients pourraient jouer un rôle clé dans la stabilisation du marché, à condition que les conditions de pêche et de commercialisation évoluent favorablement.

Le port d’Al Hoceima reste ainsi un observatoire stratégique des dynamiques halieutiques nationales. Son évolution reflète les tensions entre pression environnementale, demande du marché et adaptation des acteurs locaux.

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