Fatima-Zahra Mansouri : la parité au Maroc reste un chantier inachevé

Devant la Chambre des conseillers, la Cheffe du gouvernement Fatima-Zahra Mansouri estime que le Maroc reste loin de la parité prévue par la Constitution.

Un homme parle derrière un pupitre avec le drapeau marocain

Photo : Assemblée parlementaire de l'OSCE / Wikimedia

La première femme à diriger le gouvernement marocain reconnaît que son accession à ce poste ne suffit pas, à elle seule, à réaliser la parité au Maroc. Fatima-Zahra Mansouri s’est exprimée mercredi devant la Chambre des conseillers, lors de la séance plénière consacrée au débat sur la déclaration gouvernementale.

Ce moment, longtemps attendu par les Marocaines, revêt selon la Cheffe du gouvernement une portée historique et symbolique. Mais il ne doit pas masquer l’écart qui sépare encore le Royaume des ambitions fixées par la Constitution de 2011 en matière d’égalité entre femmes et hommes.

Les femmes, la moitié du potentiel national

S’adressant aux conseillers, elle a évoqué les femmes présentes dans l’hémicycle, représentantes syndicales, militantes de partis politiques et d’autres organisations, en estimant que leur participation reste en deçà du niveau voulu par le texte constitutionnel.

Fatima-Zahra Mansouri a lié l’autonomisation des femmes au projet de développement porté par la majorité. Le « Maroc émergent », a-t-elle dit, ne pourra se construire sans mobiliser pleinement les compétences des Marocaines, qui représentent 50 % des capacités du pays.

La création, dans le nouveau gouvernement, d’un ministère chargé de la Famille, dont le périmètre inclut la parité, illustre selon elle l’intérêt de la majorité pour ce dossier. La Cheffe du gouvernement a affirmé qu’elle travaillerait directement avec la ministre en charge du secteur, نجوى كوكوس. Elle a toutefois souligné que les questions liées aux femmes, comme celles qui concernent les jeunes, relèvent de l’ensemble des départements ministériels et exigent une convergence des politiques publiques.

« Des mesures et un financement »

Face aux critiques qui réduisent la déclaration gouvernementale à une simple profession de foi, elle a admis que ce type de document énonce par nature des orientations et des engagements. Son équipe dispose néanmoins, a-t-elle assuré, de mesures concrètes, de chiffres et de financements pour appliquer son programme.

Elle a insisté sur la distinction entre la déclaration présentée lundi devant les deux Chambres du Parlement et le projet de loi de finances 2027. Ce dernier a été déposé dans les délais légaux, mais son examen parlementaire n’a pas commencé : il ne peut précéder l’achèvement de la procédure constitutionnelle liée à la déclaration devant la Chambre des représentants.

Un gouvernement formé en 16 jours

Fatima-Zahra Mansouri a qualifié de « miracle » le travail accompli depuis les législatives du 23 septembre. Chargée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de former le gouvernement le 29 septembre, elle a bouclé sa composition en 16 jours, pendant qu’une commission des partis de la majorité élaborait un programme commun.

Ce rythme a permis, selon elle, de respecter le calendrier institutionnel, dont la tenue du Conseil des ministres et l’examen du projet de budget en Conseil de gouvernement, afin de ne pas perdre une année et d’engager rapidement les mesures économiques et sociales promises.

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