Ceuta face à une nouvelle crise migratoire, entre 8 000 et 11 000 personnes encore présentes
Les autorités de Ceuta estiment entre 8 000 et 11 000 le nombre de migrants qui se trouvent encore dans l’enclave espagnole après les arrivées massives enregistrées le 30 juillet. Cette estimation dépasse largement les chiffres avancés par plusieurs médias espagnols, qui évoquent plutôt 2 000 à 3 000 personnes encore présentes.
Le président de Ceuta, Juan Vivas, a appelé samedi au retour des personnes toujours présentes dans l’enclave. Il considère cette mesure comme la seule issue permettant de répondre à une situation qu’il juge devenue insoutenable.
Selon le responsable espagnol, la situation sur le terrain reste différente de l’image d’un retour à la normale présentée par certaines autorités. Des milliers de personnes circuleraient encore dans les rues de Ceuta ou chercheraient refuge dans les zones montagneuses et sur les plages. Plusieurs d’entre elles seraient dépourvues d’abri et d’un accès suffisant aux besoins essentiels.
La question du nombre de migrants encore présents constitue désormais l’un des principaux points de tension. Les autorités espagnoles et marocaines ont fourni des estimations très différentes concernant l’ampleur des passages enregistrés fin juillet.
Selon les chiffres cités par les autorités espagnoles, au moins 80 000 personnes seraient entrées dans l’enclave, tandis que 88 décès auraient été enregistrés. Le gouvernement marocain avance pour sa part un bilan nettement inférieur, avec environ 40 000 passages et 14 morts.
La majorité des personnes ayant atteint Ceuta ont depuis regagné le Maroc. Certaines sont reparties volontairement après avoir été confrontées aux conditions difficiles rencontrées dans l’enclave. D’autres ont été reconduites par les autorités.
Cette situation intervient alors que les conditions de prise en charge des migrants et des mineurs non accompagnés suscitent de nouvelles préoccupations. Des informations rapportées plus tôt cette année faisaient état de centaines de mineurs vivant dans les rues de Ceuta. Parmi eux figureraient des jeunes filles exposées à des risques d’exploitation, de traite et d’abus.
Les estimations concernant les mineurs restent elles aussi sujettes à débat. Une évaluation citée par l’AFP faisait état d’environ 2 000 personnes encore présentes dans l’enclave, dont plus de 1 000 mineurs non accompagnés qui refuseraient de retourner au Maroc.
L’Organisation marocaine des droits humains a également alerté sur ce qu’elle décrit comme de graves violations visant des ressortissants marocains après la dernière vague de passages vers Ceuta. L’organisation demande une attention accrue aux conditions dans lesquelles les personnes concernées sont accueillies, retenues ou reconduites.
Au-delà de la controverse sur les chiffres, la situation met en évidence les difficultés persistantes liées à la gestion migratoire autour de Ceuta. L’écart entre les estimations disponibles complique l’évaluation précise de la situation humanitaire et alimente les interrogations sur les capacités d’accueil de l’enclave.
Pour les autorités locales, la priorité reste désormais de réduire le nombre de personnes présentes sur le territoire. Pour les organisations de défense des droits humains, l’enjeu porte aussi sur les conditions de prise en charge, notamment pour les mineurs non accompagnés.
La situation à Ceuta reste donc étroitement liée aux relations migratoires entre le Maroc et l’Espagne. La question du retour des personnes présentes dans l’enclave devrait continuer à occuper une place centrale dans les discussions entre les deux pays, alors que les autorités cherchent à contenir les conséquences de la vague de passages enregistrée fin juillet.
