Rebeca Grynspan prend l’avantage dans la course au secrétariat général de l’ONU

Rebeca Grynspan

Le processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations Unies est entré dans une phase décisive. À l’issue du premier sondage indicatif organisé par le Conseil de sécurité, la Costaricaine Rebeca Grynspan s’est imposée comme la candidate la mieux placée pour succéder à António Guterres, dont le mandat arrive à son terme. Bien que ce vote demeure informel et sans valeur contraignante, il offre un premier aperçu des équilibres diplomatiques qui façonneront l’élection prévue dans les prochains mois.

Actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Rebeca Grynspan a recueilli dix votes favorables, un vote défavorable et quatre abstentions ou positions sans opinion parmi les quinze membres du Conseil de sécurité. Ancienne vice-présidente du Costa Rica, elle bénéficie d’une solide expérience dans les domaines du développement économique, de la coopération internationale et des politiques publiques, des atouts qui semblent convaincre une majorité des membres du Conseil.

Derrière elle, la représentante permanente du Guyana auprès des Nations Unies, Carolyn Rodrigues-Birkett, arrive en deuxième position avec neuf votes favorables, deux défavorables et quatre sans opinion. L’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, crée la surprise en décrochant la troisième place avec sept soutiens, deux votes défavorables et six abstentions.

L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet se classe quatrième avec six votes encourageants. Elle est suivie par l’ancien président du Sénégal Macky Sall, l’ancienne ministre équatorienne María Fernanda Espinosa, puis le diplomate ougandais Olara Otunnu.

Un processus progressif avant la décision finale

Ce premier scrutin ne constitue qu’une étape dans une procédure complexe. Les sondages indicatifs permettent progressivement de mesurer le niveau de soutien accordé à chaque candidat avant qu’un consensus ne se dégage au sein du Conseil de sécurité.

Le président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, Zénon Mukongo Ngay, a confirmé la tenue du vote sans publier les résultats officiels. Selon la pratique habituelle, les candidats sont informés individuellement par les États qui ont présenté leur candidature. Un nouveau tour de scrutin devrait être organisé sous la présidence danoise du Conseil au cours du mois d’août.

À ce stade, il reste impossible d’identifier les positions des cinq membres permanents du Conseil de sécurité que sont la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Lors du premier tour, tous les bulletins sont identiques afin de préserver la confidentialité des votes.

Les prochains scrutins modifieront toutefois cette règle. Les membres permanents utiliseront des bulletins de couleur différente, ce qui permettra de détecter rapidement l’existence d’un éventuel veto susceptible de bloquer une candidature, même largement soutenue par les autres membres.

Une élection aux fortes implications géopolitiques

Le choix du futur secrétaire général dépasse largement la seule question du profil des candidats. Il reflète également les rapports de force entre les grandes puissances ainsi que les attentes des États membres concernant les priorités de l’organisation.

L’ambassadeur américain Mike Waltz a déclaré que Washington espérait voir émerger un dirigeant capable de réformer les Nations Unies afin de rendre l’institution plus efficace et davantage concentrée sur ses missions fondamentales. Selon lui, le Conseil de sécurité pourrait parvenir à une recommandation dans les prochains mois, même si plusieurs tours de scrutin restent probables.

L’expérience des précédentes élections montre que les négociations peuvent s’étendre jusqu’en septembre, voire en octobre, avant qu’un candidat fasse l’objet d’un consensus. Le Conseil de sécurité devra ensuite transmettre une recommandation officielle à l’Assemblée générale, composée de 193 États membres, qui procédera à la nomination formelle.

La perspective historique d’une première femme à la tête de l’ONU

L’élection actuelle présente également une dimension historique. Depuis la création des Nations Unies en 1945, aucune femme n’a occupé le poste de secrétaire générale malgré plusieurs candidatures lors des précédents processus de sélection.

Rebeca Grynspan apparaît aujourd’hui comme la personnalité la mieux placée pour mettre fin à cette situation. Les États-Unis comme la Chine ont publiquement exprimé leur soutien au principe de l’élection d’une femme à la tête de l’organisation, renforçant ainsi les attentes autour de cette candidature.

Le contexte régional joue également en faveur des candidats latino-américains. Cinq des sept prétendants sont originaires d’Amérique latine et des Caraïbes, une région considérée par de nombreux diplomates comme la prochaine à bénéficier de la rotation géographique informelle qui guide traditionnellement la désignation du secrétaire général.

Le processus reste néanmoins ouvert. D’autres candidatures pourraient encore être déposées avant les prochains tours de scrutin, tandis que les négociations entre les grandes puissances continueront de peser sur l’issue finale. Les prochains votes informels permettront de mesurer si l’avance de Rebeca Grynspan se transforme progressivement en véritable consensus diplomatique.

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