La RDC intensifie sa campagne pour diriger la Francophonie
La République démocratique du Congo poursuit ses démarches diplomatiques pour obtenir des soutiens à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Dans ce cadre, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reçu à Rabat un émissaire du président congolais Félix Tshisekedi porteur d’un message destiné au roi Mohammed VI.
La rencontre a principalement porté sur la candidature congolaise à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué chargé de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, a souligné la qualité des relations entre le Maroc et la République démocratique du Congo. Il a rappelé les liens historiques qui unissent les deux pays et l’importance de leur coopération bilatérale.
Présente lors de cette visite, Juliana Amato Lumumba a mis en avant les valeurs communes défendues par Rabat et Kinshasa, notamment la solidarité, l’unité, l’inclusion et le respect de la souveraineté des États. La candidate a plaidé pour une Francophonie davantage tournée vers les populations et leurs préoccupations.
Les relations entre les deux pays se sont renforcées ces dernières années. La République démocratique du Congo figure parmi les États africains ayant ouvert une représentation consulaire dans les provinces du Sud du Maroc. En décembre 2020, Kinshasa avait inauguré un consulat général à Dakhla, un geste présenté par les autorités congolaises comme une reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.
La candidature congolaise bénéficie d’un poids démographique important. Avec plus de 114 millions d’habitants et environ 57 millions de francophones, la République démocratique du Congo est le deuxième pays francophone au monde. Félix Tshisekedi a officiellement présenté la candidature de Juliana Amato Lumumba le 19 mars. Ancienne ministre de la Culture et titulaire de plusieurs fonctions gouvernementales entre 1997 et 2001, elle est diplômée de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris.
La course à la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie compte quatre candidats. L’actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, sollicite un troisième mandat. La Mauritanienne Coumba Bâ, ancienne ministre et conseillère présidentielle, est également candidate. Le Roumain Dacian Cioloș, ancien Premier ministre et ancien commissaire européen, complète la liste des prétendants.
L’élection se tiendra les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, au Cambodge, lors du 20e congrès de l’Organisation internationale de la Francophonie. Cette échéance intervient dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre la République démocratique du Congo et le Rwanda autour du conflit dans l’est congolais, ainsi que par le départ récent du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l’organisation.
Basée à Paris, l’Organisation internationale de la Francophonie rassemble 90 États et gouvernements membres. Son secrétaire général est élu pour un mandat de quatre ans par les chefs d’État et de gouvernement. La langue française compte aujourd’hui près de 396 millions de locuteurs dans le monde, dont une large majorité vit en Afrique subsaharienne et au Maghreb.
