Salut japonais : s’incliner rend plus séduisant au Japon, pas aux États-Unis
Une étude de l’université de Yamagata montre que le salut japonais rend un visage plus attirant aux yeux des Japonais, mais très peu pour les Américains.

Source : Wikipédia
Au Japon, un visage paraît plus séduisant lorsque la personne s’incline pour saluer, quelle que soit son apparence ethnique. Chez des observateurs américains, ce geste ne change presque rien au jugement. C’est le constat posé par Takayuki Osugi, de l’université de Yamagata, dans une étude publiée dans la revue Japanese Psychological Research.
Pour le chercheur, cet écart désigne la culture, et non un langage corporel universel, comme moteur de l’effet. Au Japon, la courbette sert à saluer, remercier ou s’excuser. Son inclinaison varie d’environ quinze degrés pour un salut rapide à quarante-cinq degrés pour des excuses ou des remerciements profonds.
Des gains de 15 à 28 points
L’équipe a conçu des personnages en trois dimensions, hommes et femmes d’une vingtaine d’années, aux apparences est-asiatique, européenne, sud-asiatique et africaine, choisis pour un niveau d’attirance de départ d’environ 42 points sur 100. Ils étaient montrés immobiles, en salut bref ou en salut prolongé de 1,5 seconde.
Dans six séries de tests réunissant chacune 45 à 49 participants japonais, les visages qui s’inclinaient ont systématiquement obtenu de meilleures notes. Le salut bref ajoutait environ 6 à 12 points, le salut long 15 à 28 points. Pour les modèles européens féminins, la moyenne passait de 43,2 à 51,1 puis à 59,0. L’apparence ethnique du modèle ne modifiait pas significativement cet effet.
La hausse concernait aussi bien les visages jugés peu attirants, dont la note féminine grimpait de 33,3 à 49,0 avec un salut long, que les plus attirants, passés de 48,0 à 62,7.
Presque aucun effet chez les Américains
Recrutés via Amazon Mechanical Turk, 30 à 40 participants américains par série ont vu les mêmes vidéos. Les écarts relevés restaient le plus souvent inférieurs à trois points. Pour les modèles européens féminins, leurs notes s’établissaient à 56,5 à l’arrêt, 57,4 en salut bref et 56,9 en salut long.
Le chercheur y voit la marque d’un schéma culturel : au Japon, la courbette évoque politesse et déférence non menaçante, une impression favorable qui déborde sur la perception de la beauté, un mécanisme connu sous le nom d’effet de halo. Une autre hypothèse faisait de la tête baissée un signal de soumission universel, partagé avec d’autres primates. La comparaison entre les deux pays ne vient pas confirmer cette piste.





