Morocco et China renforcent leur coopération économique à Beijing
Morocco et China ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique lors de discussions de haut niveau tenues à Beijing, en marge du Forum international sur les chaînes d’approvisionnement. Les échanges ont mis en avant une volonté commune d’accélérer les investissements industriels, les infrastructures et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Le contexte de cette rencontre s’inscrit dans une période de recomposition des flux commerciaux internationaux. Les pays cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, diversifier leurs partenaires et attirer des investissements dans des secteurs stratégiques. Le Maroc se positionne comme une plateforme industrielle et logistique entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie.
Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, a rencontré Ren Hongbin, président de la CCPIT. La réunion s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Maroc en Chine, Abdelkader El Ansari.
Les autorités marocaines ont présenté une offre d’investissement élargie destinée aux entreprises chinoises. Cette offre met l’accent sur les projets industriels, les infrastructures de transport, les plateformes logistiques et les zones de production intégrées. L’objectif est d’attirer des capitaux à forte valeur ajoutée et de renforcer l’ancrage du Maroc dans les chaînes de production internationales.
Les responsables ont insisté sur la stabilité du cadre réglementaire marocain et sur la prévisibilité des politiques économiques. Ils ont également mis en avant les mécanismes d’accompagnement disponibles pour les investisseurs, depuis la conception des projets jusqu’à leur mise en œuvre opérationnelle.
Cette dynamique s’appuie sur les réformes engagées dans le cadre de la stratégie nationale d’investissement. Celle-ci vise à orienter les capitaux vers les secteurs productifs, à stimuler la création d’emplois et à réduire les disparités régionales. Le gouvernement cherche à améliorer la compétitivité globale du pays dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel.
Selon les données officielles présentées lors des discussions, 381 projets d’investissement ont été approuvés, pour une valeur totale estimée à environ 580 milliards de dirhams, soit près de 62 milliards de dollars. Ces projets devraient générer plus de 245 000 emplois à travers différentes régions du pays.
Les investissements chinois occupent déjà une place croissante dans l’économie marocaine, même s’ils restent encore inférieurs à ceux d’autres partenaires majeurs. Les flux d’investissements directs chinois ont atteint environ 2 milliards de dirhams en 2025, traduisant une progression progressive de la confiance des entreprises chinoises.
Karim Zidane a souligné que cette dynamique s’inscrit dans la vision économique de long terme portée par le Roi Mohammed VI. Cette vision repose sur la transformation industrielle, la montée en gamme des exportations et l’attraction d’investissements structurants capables de générer de la valeur locale.
Les discussions ont également porté sur les grands projets d’infrastructures liés à la préparation de la Coupe du monde 2030 organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Ces projets concernent notamment les réseaux de transport, les plateformes logistiques et les systèmes de mobilité urbaine.
Dans ce cadre, le Maroc cherche à attirer des partenaires capables d’apporter des solutions technologiques et industrielles avancées. Les entreprises chinoises sont particulièrement ciblées en raison de leur expérience dans les infrastructures de grande échelle et les projets de modernisation urbaine.
Au-delà de la relation bilatérale, les deux parties ont évoqué une coopération élargie entre le Maroc, la Chine et le continent africain. Cette approche vise à renforcer les échanges industriels, faciliter les transferts de technologies et encourager des projets communs dans des secteurs stratégiques.
Le Forum de Pékin intervient dans un moment où les chaînes d’approvisionnement mondiales subissent des transformations profondes. Les tensions géopolitiques et les stratégies de relocalisation industrielle poussent les économies à redéfinir leurs partenariats.
Le Maroc mise sur cette recomposition pour consolider son rôle de hub régional. Sa proximité avec l’Europe, ses accords commerciaux multiples et ses infrastructures industrielles en expansion constituent des atouts mis en avant auprès des investisseurs étrangers.
Les entreprises chinoises présentes au forum ont manifesté un intérêt accru pour des secteurs tels que l’automobile, les énergies renouvelables et les industries manufacturières avancées. Ces domaines correspondent aux priorités industrielles marocaines et aux objectifs de diversification économique.
Les échanges se sont conclus sur une volonté commune d’accélérer la mise en œuvre des projets et de renforcer la coordination entre acteurs publics et privés. Les deux pays entendent poursuivre cette dynamique dans un cadre de coopération durable et orienté vers les résultats.




