Les prix des carburants au Maroc pourraient encore augmenter en août

Les prix des carburants au Maroc devraient poursuivre leur hausse au cours des prochaines semaines sous l’effet des tensions persistantes sur les marchés mondiaux de l’énergie. Les conflits géopolitiques, les perturbations de l’approvisionnement et les difficultés rencontrées par les raffineries alimentent une progression des coûts, avec un impact direct sur les consommateurs marocains.

Les marchés internationaux de l’énergie restent fortement influencés par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que par la reprise des tensions au Moyen-Orient. Les perturbations signalées dans le détroit d’Ormuz et les attaques visant certaines infrastructures de raffinage ont accentué les inquiétudes concernant l’approvisionnement mondial en produits pétroliers.

Si les cours du pétrole brut ont progressé, les carburants raffinés, en particulier le gazole, enregistrent une hausse encore plus marquée. Cette évolution s’explique par des capacités de raffinage limitées et une réduction des exportations de carburants sur plusieurs marchés stratégiques.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les marges de raffinage et les écarts de prix du diesel ont atteint en juillet leur niveau le plus élevé depuis quatre ans. Cette situation traduit un marché des produits raffinés de plus en plus tendu, alors même que l’approvisionnement en pétrole brut demeure relativement stable.

Dans le même temps, Reuters indique que les marges de raffinage du diesel en Europe ont atteint des records durant le mois de juillet. Les arrêts de production observés dans plusieurs raffineries au Moyen-Orient et en Russie ont réduit les volumes disponibles sur le marché international, contribuant à une hausse des prix de détail dans de nombreux pays.

Au Maroc, ces tensions se reflètent déjà dans les ajustements tarifaires opérés toutes les deux semaines. Lors de la révision de la mi-juillet, le prix du gazole a augmenté d’environ 0,69 dirham par litre, portant la moyenne nationale aux alentours de 13,30 dirhams le litre, selon des données du secteur relayées par plusieurs médias marocains.

Les professionnels suivent désormais avec attention l’évolution des marchés internationaux afin d’anticiper les prochains ajustements. Les variations des coûts d’importation continuent d’exercer une influence directe sur les prix pratiqués dans les stations-service du Royaume.

Selon plusieurs sources concordantes, Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz et président du Front national pour la sauvegarde de la SAMIR, estime que le prix international du gazole est passé d’environ 7,5 dirhams à 9,4 dirhams par litre entre la première et la seconde moitié du mois de juillet. Cette progression représente une augmentation supérieure à 25 % en seulement quelques semaines.

En se basant sur l’ancienne formule de calcul des prix appliquée avant la libéralisation du secteur, il estime que le gazole pourrait atteindre environ 14,20 dirhams le litre durant la première quinzaine du mois d’août.

Cette projection s’accompagne d’un nouvel appel à une réforme de la politique énergétique nationale. Houcine El Yamani plaide pour la fin de la libéralisation des prix des carburants, la relance de la raffinerie de Mohammedia exploitée autrefois par la SAMIR, une réduction de la fiscalité appliquée aux carburants ainsi qu’un renforcement des réserves stratégiques du pays afin d’améliorer sa résilience face aux chocs internationaux.

Au-delà de leur impact sur les automobilistes, les hausses des carburants influencent également les coûts du transport, de la logistique et de nombreux secteurs économiques. Cette situation pourrait maintenir une pression sur les prix à la consommation si les tensions géopolitiques et les contraintes d’approvisionnement devaient se prolonger au cours des prochains mois.

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