Le Maroc adopte un plan d’investissement de 248 milliards de dirhams pour l’eau et l’électricité
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Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique et de sécurisation des ressources hydriques. Le conseil d’administration de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a approuvé un ambitieux plan d’investissement de 248 milliards de dirhams couvrant la période 2026 à 2030. Ce programme vise à accélérer le développement des énergies renouvelables, renforcer les infrastructures électriques et garantir un approvisionnement durable en eau potable dans un contexte marqué par les effets persistants du changement climatique.
Présidée par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, la réunion du conseil d’administration s’inscrit dans la continuité des grandes orientations nationales en matière de développement durable. Les investissements validés traduisent la volonté des autorités de renforcer la résilience du pays face aux défis énergétiques et hydriques tout en consolidant la souveraineté nationale dans ces deux secteurs stratégiques.
Au total, 206 milliards de dirhams seront consacrés aux projets liés à l’électricité, tandis que 42,1 milliards de dirhams financeront les infrastructures destinées à l’eau potable. Cette répartition confirme que les deux priorités nationales demeurent la transition énergétique et la sécurisation de l’approvisionnement en eau.
Une accélération de la transition énergétique
Présenté par le directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, le programme prévoit un développement massif des capacités de production renouvelable afin de permettre au Maroc de dépasser son objectif de 52 % d’énergies renouvelables dans la capacité électrique installée dès 2028.
Le cœur de ce dispositif repose sur un programme de 104 milliards de dirhams destiné exclusivement aux énergies renouvelables. Celui-ci permettra d’ajouter 11,6 gigawatts de nouvelles capacités de production verte ainsi que 2,6 gigawatts de capacités de stockage énergétique. Ces investissements représenteront environ 80 % de l’ensemble des nouvelles capacités électriques programmées entre 2026 et 2030.
L’ONEE prévoit également un important développement des infrastructures destinées à assurer la stabilité du réseau électrique. Le plan comprend la mise en place de systèmes de stockage par batteries totalisant 2 230 mégawattheures, la construction de la station de transfert d’énergie par pompage d’El Menzel d’une puissance de 360 mégawatts ainsi qu’un programme de flexibilité alimenté au gaz naturel de 3 744 mégawatts destiné à accompagner l’intégration croissante des énergies intermittentes.
Au-delà de l’augmentation des capacités de production, ces investissements permettront également de renforcer le réseau national de transport de l’électricité afin d’améliorer la fiabilité de l’alimentation et de répondre à une demande énergétique en constante progression.
L’eau au cœur de la stratégie nationale
Le second pilier du plan concerne la sécurité hydrique, devenue un enjeu majeur après plusieurs années de sécheresse ayant fortement affecté les réserves des barrages marocains.
Les investissements prévus permettront d’accroître considérablement la capacité nationale de dessalement de l’eau de mer destinée à la consommation humaine. À terme, cette capacité dépassera 1,3 milliard de mètres cubes par an.
Selon les projections de l’ONEE, cette production couvrira environ 63 % des besoins nationaux en eau potable. À titre de comparaison, le dessalement représentait seulement 13 % des besoins en 2025 contre moins de 8 % en 2023. Cette progression illustre l’accélération des investissements dans une technologie devenue essentielle pour garantir l’approvisionnement des populations.
Plusieurs nouvelles stations de dessalement sont programmées dans différentes régions du Royaume, notamment à Casablanca, dans l’Oriental, à Tanger, dans la région de Souss Massa ainsi qu’à Guelmim Oued Noun.
La station de Casablanca avance rapidement
Parmi les projets structurants figure la future station de dessalement de Casablanca, considérée comme la plus grande d’Afrique et l’une des plus importantes au monde.
Selon Tarik Hamane, les travaux de la première phase ont atteint un taux d’avancement de 81 %. Une fois mise en service, cette première tranche produira 200 millions de mètres cubes d’eau par an. L’entrée en exploitation est prévue pour le 1er février 2027.
À terme, l’installation disposera d’une capacité totale de 300 millions de mètres cubes par an, renforçant considérablement la sécurité de l’alimentation en eau de la région la plus peuplée du pays.
Un bilan 2025 marqué par les énergies renouvelables
Lors de la présentation des résultats de l’ONEE pour l’exercice 2025, Tarik Hamane a indiqué que les investissements réalisés avaient permis de porter la capacité nationale de production électrique à 12 gigawatts.
Les énergies renouvelables représentent désormais 46,1 % de cette capacité installée, confirmant la progression continue du Maroc vers un mix énergétique plus durable.
Dans le même temps, la capacité nationale de production d’eau potable a été portée à 7,5 millions de mètres cubes par jour grâce aux différents projets réalisés à travers le Royaume.
Une vision de long terme pour renforcer la résilience
Pour Nadia Fettah, ce plan intervient dans un contexte où le Maroc fait face à des défis majeurs liés à l’énergie, à l’eau et au développement durable. Elle a salué le travail accompli par les équipes de l’ONEE dans la mise en œuvre de la Vision Royale visant à renforcer la sécurité énergétique, préserver les ressources hydriques et accompagner la croissance économique.
Avec ce programme de 248 milliards de dirhams, le Maroc confirme son ambition d’accélérer sa transition vers un modèle énergétique plus propre tout en réduisant sa vulnérabilité face au stress hydrique. Les investissements prévus au cours des cinq prochaines années devraient renforcer les infrastructures stratégiques du pays et soutenir durablement son développement économique et social.
