Laâyoune accueille un projet d’ammoniac vert soutenu par les États-Unis

projet d'ammoniac vert

Le sud du Maroc franchit une nouvelle étape dans son développement industriel avec le lancement d’une étude de faisabilité financée par les États-Unis pour un vaste complexe de production d’ammoniac à Laâyoune. Ce projet stratégique, porté par la coentreprise ORNX Laâyoune 1 SASU, s’inscrit dans la stratégie nationale de l’hydrogène vert et ambitionne de renforcer la place du Royaume parmi les acteurs majeurs de la transition énergétique mondiale.

L’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a signé un accord destiné à financer une étude technique préalable, dite pre-FEED, qui permettra d’évaluer la faisabilité industrielle, technologique et économique du futur site. La cérémonie de signature s’est tenue à Laâyoune en présence de représentants marocains et américains.

Selon l’USTDA, cette étude analysera plusieurs composantes essentielles du projet, notamment les technologies d’électrolyse, les solutions d’alimentation électrique, la conception industrielle de l’usine ainsi que les projections financières. L’objectif est de disposer d’une feuille de route complète avant le lancement des investissements de grande ampleur.

Une fois opérationnelle, l’installation devrait produire jusqu’à 560 000 tonnes d’ammoniac par an grâce à des technologies américaines. L’étude sera menée par un consortium d’entreprises américaines dirigé par Kellogg Brown & Root (KBR), avec la participation de GE Vernova, Electric Hydrogen (EH2) et Terabase.

L’ammoniac constitue une matière première essentielle pour de nombreuses industries. Il est principalement utilisé dans la fabrication des engrais, mais intervient également dans les secteurs de la réfrigération, du traitement des eaux et de plusieurs procédés industriels. Dans sa version verte, produite à partir d’hydrogène issu d’énergies renouvelables, il représente également un vecteur énergétique prometteur dans la décarbonation de l’industrie mondiale.

Ce projet s’intègre pleinement dans la feuille de route marocaine dédiée à l’hydrogène vert. Le consortium ORNX, composé de l’entreprise américaine Ortus, du groupe espagnol Acciona et de l’allemand Nordex, prévoit un investissement global estimé à 4,5 milliards de dollars pour développer une plateforme de production d’hydrogène vert et de ses dérivés, dont l’ammoniac.

Les infrastructures envisagées comprennent des centrales éoliennes et solaires de grande capacité, des unités d’électrolyse destinées à produire de l’hydrogène, des systèmes de stockage par batteries ainsi qu’une usine de dessalement de l’eau de mer. L’ensemble doit permettre d’assurer une production reposant essentiellement sur les ressources renouvelables abondantes dans les provinces du Sud.

Au-delà de son impact industriel, le projet pourrait devenir un moteur économique important pour Laâyoune. La création d’infrastructures énergétiques modernes, le développement de nouvelles compétences et l’arrivée de capitaux internationaux sont susceptibles de renforcer l’attractivité de la région et de soutenir la création d’emplois qualifiés.

Le directeur général d’ORNX, Peter A. Gish, a estimé que le financement accordé par l’USTDA permettra d’accélérer les études techniques et commerciales indispensables avant les prochaines décisions d’investissement. Pour les partenaires du projet, cette étape constitue un jalon déterminant dans la concrétisation de l’usine.

Du côté américain, le directeur adjoint de l’USTDA, Thomas R. Hardy, a souligné que le développement de la production d’ammoniac représente désormais une priorité nationale pour le Maroc. Il a indiqué que le soutien de l’agence vise à mobiliser le savoir-faire technologique américain au service d’un projet considéré comme stratégique pour l’avenir économique de la région.

L’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, a également mis en avant l’importance des investissements américains dans les provinces du Sud. Selon lui, les entreprises américaines disposent d’une expertise reconnue dans les technologies énergétiques et ce partenariat devrait générer des opportunités économiques aussi bien pour le Maroc que pour les États-Unis, notamment en matière d’exportations et d’emplois.

Cette initiative intervient dans un contexte de rapprochement économique croissant entre Rabat et Washington. Depuis la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara en 2020, les relations bilatérales connaissent une intensification marquée à travers plusieurs projets d’investissement, de coopération industrielle et d’infrastructures.

Quelques jours auparavant, Duke Buchan avait d’ailleurs salué la décision du Maroc de baptiser l’autoroute Tiznit-Dakhla du nom du président américain Donald Trump, estimant que cette infrastructure illustre la solidité du partenariat entre les deux pays. Longue de 1 055 kilomètres, cette autoroute constitue l’un des principaux leviers du développement économique des provinces du Sud.

Avec ce futur complexe d’ammoniac vert, le Maroc confirme son ambition de devenir un acteur incontournable des nouvelles chaînes de valeur énergétiques mondiales. Si les études techniques aboutissent favorablement, le projet pourrait renforcer durablement la compétitivité industrielle du Royaume, attirer de nouveaux investissements internationaux et consolider son positionnement sur le marché émergent des carburants propres.

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