Israël frappe l’hôpital Al Aqsa à Gaza malgré les avancées vers un cessez le feu

Moins de quarante huit heures après l’annonce d’un accord de principe sur un cessez le feu plus large entre Israël et le Hamas, de nouvelles frappes israéliennes ont visé l’hôpital Al Aqsa Martyrs, dans le centre de la bande de Gaza. Les bombardements, survenus avant l’aube samedi, ont détruit plusieurs installations médicales et ravivé les inquiétudes quant à la viabilité du processus diplomatique engagé ces derniers jours.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, deux entrepôts contenant des fournitures médicales ont été entièrement détruits tandis que deux autres ont subi d’importants dégâts. Les images diffusées après les frappes montrent des secouristes et des civils fouillant les décombres pour récupérer des poches de perfusion, des équipements respiratoires, des masques chirurgicaux et d’autres matériels indispensables au fonctionnement de l’établissement.

Le directeur général du ministère de la Santé de Gaza, le Dr Munir Al Bursh, a dénoncé une attaque contre l’un des derniers piliers du système de santé du territoire. Il affirme que Gaza souffre déjà d’une pénurie touchant plus de la moitié des médicaments essentiels, ce qui rend la perte de nouveaux stocks particulièrement critique pour les hôpitaux confrontés à un afflux constant de blessés.

La clinique ambulatoire de l’hôpital a également été endommagée. Selon le porte parole de l’établissement, Khalil Dagran, aucune victime n’a été signalée dans cette partie du complexe hospitalier.

L’armée israélienne a déclaré que les bâtiments visés servaient au Hamas pour le stockage d’armes et de matériel militaire. Cette version est rejetée par les responsables de l’hôpital, qui assurent que les installations étaient exclusivement destinées aux besoins médicaux.

Les frappes interviennent dans un contexte où les infrastructures sanitaires de Gaza continuent de fonctionner dans des conditions extrêmement précaires. Depuis plusieurs mois, les établissements de santé sont confrontés à des ruptures d’approvisionnement, à un manque de carburant pour alimenter les générateurs électriques et à une saturation des capacités d’accueil en raison de la poursuite des combats.

Les bombardements ne se sont pas limités au centre de Gaza. Dans le quartier de Sheikh Radwan, à Gaza Ville, deux Palestiniens ont été tués lors d’une autre frappe, selon les autorités sanitaires locales et le New York Times. À Deir al Balah, une attaque de drone visant la cour d’une habitation a également fait un mort, d’après l’agence Anadolu.

Le ministère de la Santé de Gaza affirme que plus de 1 200 Palestiniens ont été tués et plus de 4 000 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez le feu conclu en octobre dernier, qu’il accuse Israël d’avoir violé à plusieurs reprises. Les autorités israéliennes n’ont pas confirmé ces chiffres.

Le cessez le feu fragilisé par la reprise des frappes

Ces nouveaux bombardements interviennent alors que le président américain Donald Trump a annoncé cette semaine qu’un accord de principe avait été trouvé autour d’une feuille de route prévoyant le désarmement progressif du Hamas dans le cadre d’un cessez le feu plus global.

Le mouvement palestinien a toutefois précisé que toute première étape devait commencer par un arrêt complet des opérations militaires israéliennes. Il a également indiqué que la remise de ses armes lourdes restait conditionnée à plusieurs garanties politiques et sécuritaires qui demeurent en négociation.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne s’est pas encore exprimé publiquement sur cette initiative. Un responsable israélien a néanmoins indiqué que les forces armées ne quitteraient pas leurs positions tant qu’un désarmement jugé réel et vérifiable du Hamas ne serait pas constaté.

Une situation militaire toujours sous tension

Israël contrôle désormais plus de 60 pour cent de la bande de Gaza après avoir progressivement étendu sa présence au delà des lignes de retrait définies lors du cessez le feu conclu en octobre. Cette évolution a contraint une grande partie de la population palestinienne à se concentrer dans une étroite bande côtière où les conditions humanitaires continuent de se dégrader.

Les observateurs estiment que l’absence d’un calendrier précis pour la mise en œuvre du désarmement du Hamas et pour un éventuel retrait des forces israéliennes alimente les doutes sur les perspectives d’un accord durable. La reprise des frappes contre des infrastructures civiles illustre la fragilité des négociations en cours et souligne les difficultés à transformer les annonces diplomatiques en réalité sur le terrain.

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