Hajj 2026 : l’ONDA orchestre une opération aéroportuaire nationale sans précédent
Le Maroc vient de boucler avec succès la phase aller de l’opération Hajj 2026, l’une des mobilisations logistiques les plus complexes et les plus symboliquement chargées de l’année dans le secteur du transport aérien. Du 5 au 21 mai, neuf aéroports du Royaume ont fonctionné de concert pour acheminer des milliers de pèlerins marocains vers les lieux saints de l’islam, dans des conditions saluées pour leur fluidité et leur niveau d’organisation. Derrière cette réussite collective se trouve un acteur central : l’Office National Des Aéroports, l’ONDA, dont le rôle de coordinateur national s’est révélé déterminant à chaque étape du dispositif.
Au total, 91 vols ont décollé depuis les aéroports de Casablanca Mohammed V, Rabat-Salé, Marrakech Menara, Agadir Al Massira, Fès Saïss, Tanger Ibn Battouta, Oujda Angads, Ouarzazate et Dakhla, à destination de Médine et Djeddah. Royal Air Maroc, aux côtés de compagnies saoudiennes partenaires, a assuré l’essentiel du pont aérien, mobilisant ses capacités opérationnelles pour répondre à l’ampleur de la demande. Cette couverture géographique étendue à l’ensemble du territoire national témoigne d’une ambition claire : ne laisser aucun pèlerin, quelle que soit sa région d’origine, sans un accès direct et sécurisé vers les lieux saints.
La coordination interinstitutionnelle a constitué l’épine dorsale de l’opération. L’ONDA a travaillé en lien étroit avec le ministère des Habous et des Affaires Islamiques, le ministère de l’Intérieur, le ministère du Transport et de la Logistique, la Direction Générale de la Sûreté Nationale, la Gendarmerie Royale, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, ainsi que l’ensemble des compagnies aériennes, handlers et opérateurs présents en aéroport. Cette chaîne humaine et institutionnelle, articulée autour de trois priorités, à savoir l’anticipation des flux, l’amélioration du parcours passager et le renforcement des dispositifs d’accueil, a permis d’absorber un volume de trafic considérable sans rupture de service.
À l’aéroport Casablanca Mohammed V, principal hub de l’opération, le Terminal 3 a été entièrement reconfiguré pour les besoins du Hajj. Signalétique spécifique, espaces dédiés dès les accès extérieurs, points d’information, dispositifs d’orientation : chaque détail du parcours passager a été pensé pour minimiser le stress et maximiser le confort, en particulier pour des voyageurs dont beaucoup vivent cette expérience pour la première fois, souvent à un âge avancé.
L’édition 2026 a par ailleurs marqué une étape significative dans le déploiement du programme “Tarik Makkah”, reconduit pour la cinquième année consécutive au Terminal 3 de Casablanca Mohammed V et étendu, pour la première fois de son histoire, à l’aéroport Rabat-Salé. Ce dispositif, fruit d’une coordination bilatérale entre les autorités marocaines et saoudiennes, permet aux pèlerins d’accomplir sur le sol marocain l’intégralité des formalités d’immigration saoudienne, de contrôle biométrique et de traitement des bagages, avant même de monter à bord. L’extension à Rabat-Salé n’est pas un simple ajout logistique : elle représente une montée en puissance symbolique du Maroc dans la gestion moderne des flux de pèlerinage, et confirme la confiance des autorités saoudiennes dans le dispositif marocain.
En parallèle des opérations terrain, l’ONDA a maintenu pendant toute la durée de l’opération un centre de relation client actif sept jours sur sept, assorti d’un numéro dédié à l’opération Hajj. Ce service a permis d’assurer une information continue et une prise en charge réactive des pèlerins comme de leurs proches restés au Maroc, souvent en quête de réassurance dans les heures précédant ou suivant les départs.
Au-delà des chiffres et des flux, l’opération Hajj 2026 illustre la capacité du Maroc à piloter des dispositifs nationaux à forte dimension humaine, alliant rigueur opérationnelle et sens du service. Dans un contexte où la qualité d’accueil des pèlerins est perçue comme un enjeu de souveraineté autant que de logistique, cette réussite s’inscrit pleinement dans la trajectoire de la stratégie Aéroports 2030, qui place l’excellence de l’expérience passager au coeur du développement du secteur aéroportuaire marocain.
La phase retour de l’opération, attendue dans les prochaines semaines, constituera le prochain test de cette machine bien rodée. Mais à ce stade, les signaux envoyés par la phase aller sont sans ambiguïté : le Maroc a fait du Hajj un laboratoire d’excellence aéroportuaire, au service de ses citoyens et de leur foi.
Un bilan qui ouvre des perspectives
L’opération Hajj 2026 ne sera pas seulement analysée pour ses performances immédiates. Elle servira de référence pour les éditions à venir, dans un contexte où les attentes des pèlerins, de leurs familles et des autorités religieuses ne cessent de croître. La capacité de l’ONDA à fédérer autant d’acteurs autour d’un même niveau d’exigence, à innover avec des programmes comme “Tarik Makkah” et à maintenir une qualité de service homogène sur l’ensemble du territoire, représente un atout stratégique majeur pour le Maroc, tant sur le plan diplomatique que sur celui du rayonnement de son secteur aérien.




