Le Maroc dépasse l’Espagne dans la production de Renault
Le Maroc confirme sa montée en puissance dans l’industrie automobile mondiale. En 2025, la production Renault Maroc a dépassé celle des usines espagnoles du constructeur, renforçant le rôle du royaume comme plateforme industrielle stratégique pour le groupe.
Les sites Renault de Tanger et Casablanca ont assemblé 394 000 véhicules au cours de l’année 2025. Ce volume est supérieur à celui enregistré par les usines espagnoles du constructeur. Cette performance consolide la position du Maroc comme deuxième base de production mondiale de Renault après la France.
Cette progression repose notamment sur le succès de plusieurs modèles de la marque Dacia. La Dacia Sandero, parmi les véhicules les plus vendus en Europe, est principalement produite à Tanger. L’usine fabrique également d’autres modèles comme la Dacia Jogger et la Dacia Logan.
Le développement du secteur automobile marocain ne se limite pas à Renault. Stellantis produit à Kénitra plusieurs modèles destinés aux marchés internationaux, dont la Peugeot 208 ainsi que des véhicules électriques comme la Citroën Ami, l’Opel Rocks-e et la Fiat Topolino.
L’attractivité industrielle du Maroc s’explique par plusieurs facteurs. Les coûts de production restent compétitifs, la proximité géographique avec l’Europe facilite les échanges et les infrastructures logistiques soutiennent les exportations vers les marchés européens.
Selon des estimations du secteur, le coût de la main-d’œuvre par véhicule dépasse légèrement 100 euros au Maroc. Ce coût atteint environ 900 euros en Espagne et plus de 1 400 euros en France.
L’essor de la production automobile marocaine intervient alors que l’Union européenne examine de nouvelles règles destinées à renforcer la fabrication locale et à réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement extérieures.
Ces mesures pourraient influencer l’avenir de certains modèles, notamment la future version électrique de la Dacia Sandero attendue à partir de 2027 ou 2028. Si sa production reste au Maroc, le véhicule pourrait rencontrer des difficultés pour accéder à certaines aides européennes réservées aux produits répondant à des critères de contenu européen.
Plusieurs groupes automobiles européens estiment que des règles trop restrictives risqueraient de réduire leur compétitivité. Ils soulignent que des sites de production situés dans des pays voisins comme le Maroc ou la Turquie jouent un rôle essentiel dans le développement de véhicules abordables face à la concurrence croissante des constructeurs chinois.
Aujourd’hui, le secteur automobile marocain s’impose comme un élément central des chaînes de production mondiales grâce à ses usines d’assemblage, son réseau de fournisseurs en expansion et ses infrastructures tournées vers l’exportation.
