Banque mondiale, le Maroc signe sa plus forte croissance économique depuis dix ans

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L’économie marocaine franchit un nouveau cap. Selon le dernier Rapport de suivi de la situation économique au Maroc publié par la Banque mondiale, le Royaume a enregistré en 2025 une croissance du produit intérieur brut réel estimée à 4,9 %, son meilleur résultat depuis plus d’une décennie. Cette performance repose sur une accélération des investissements publics, le redémarrage progressif de l’agriculture et une amélioration sensible des principaux indicateurs macroéconomiques.

Le rapport, intitulé Consolider la croissance : la transformation numérique comme levier de productivité, souligne que cette dynamique constitue un signal fort de résilience dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques. Il met toutefois en garde contre plusieurs défis qui pourraient freiner cette trajectoire si les réformes structurelles ne se poursuivent pas.

La préparation de la Coupe du monde de football 2030 apparaît comme l’un des principaux moteurs de cette croissance. Les investissements massifs consacrés aux infrastructures, qu’il s’agisse des transports, des équipements publics ou des projets urbains, stimulent l’activité économique, favorisent la création d’emplois et soutiennent la demande intérieure.

En parallèle, le secteur agricole montre des signes encourageants de reprise après plusieurs campagnes affectées par la sécheresse. Ce rebond contribue à renforcer l’activité dans les zones rurales et à soutenir plusieurs filières liées à l’agroalimentaire, un secteur stratégique pour l’économie nationale.

Pour 2026, la Banque mondiale anticipe une croissance de 4,2 %. Ce rythme resterait supérieur aux moyennes observées ces dernières années grâce à la poursuite des investissements publics, au maintien de la consommation intérieure et à une stabilité macroéconomique jugée solide.

Le rapport insiste néanmoins sur le fait que cette croissance devra désormais s’appuyer sur des gains de productivité plus importants. Selon l’institution internationale, la prochaine étape du développement économique marocain dépendra largement de la capacité des entreprises à intégrer les technologies numériques les plus avancées.

La Banque mondiale considère que la transformation numérique représente aujourd’hui le principal levier pour améliorer durablement la compétitivité de l’économie marocaine. Le Royaume dispose déjà d’une base favorable grâce à ses investissements dans les infrastructures numériques, mais l’adoption des outils technologiques par le secteur privé reste encore insuffisante.

L’étude révèle que moins de 20 % des entreprises marocaines utilisent de manière intensive des solutions numériques avancées telles que les logiciels de gestion intégrée, les plateformes de gestion de la relation client ou les outils de commerce électronique. Cette situation limite les gains de productivité et réduit le potentiel de croissance des entreprises.

À l’inverse, les entreprises qui investissent fortement dans le numérique enregistrent des résultats particulièrement significatifs. Selon les données de la Banque mondiale, elles peuvent améliorer leur productivité jusqu’à 70 %, créer des emplois près de 10 % plus rapidement et offrir des rémunérations supérieures d’environ 27 % par rapport aux entreprises moins digitalisées.

L’institution estime également que si le Maroc parvenait à réduire son retard numérique pour atteindre le niveau observé dans des économies comparables, la productivité globale pourrait progresser de 10 à 15 %. Un tel scénario renforcerait la compétitivité des entreprises marocaines sur les marchés internationaux tout en favorisant une croissance plus durable.

Sur le plan macroéconomique, plusieurs indicateurs confirment cette amélioration. L’inflation est retombée à seulement 0,8 %, réduisant sensiblement les pressions sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts supportés par les entreprises. Cette évolution marque une rupture avec les fortes tensions inflationnistes observées au cours des années précédentes.

Les finances publiques enregistrent également des progrès. Le déficit budgétaire est ramené à 3,5 % du PIB, illustrant les efforts engagés pour maîtriser les dépenses tout en maintenant un niveau élevé d’investissement public.

Cette amélioration a été confortée récemment par la décision de Standard & Poor’s de relever la notation souveraine du Maroc dans la catégorie Investissement Grade. Cette reconnaissance renforce l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs internationaux et pourrait faciliter le financement de futurs projets de développement.

Malgré ces perspectives favorables, la Banque mondiale identifie plusieurs facteurs de risque. Le conflit au Moyen-Orient continue d’exercer une pression sur les coûts d’importation de l’énergie ainsi que sur les prix du transport maritime. L’impact négatif de cette situation est estimé à près de 0,8 point de croissance par rapport aux perspectives économiques précédant le conflit.

L’évolution de l’économie européenne demeure également un facteur déterminant. Les pays de l’Union européenne représentent les principaux partenaires commerciaux du Maroc. Un ralentissement prolongé de leur activité pourrait peser sur les exportations marocaines, les investissements étrangers et les recettes touristiques.

Face à ces incertitudes, le rapport invite les pouvoirs publics à poursuivre les réformes destinées à renforcer la compétitivité du tissu économique. L’accélération de la digitalisation des entreprises, le soutien à l’innovation et l’amélioration des compétences numériques apparaissent comme des priorités pour consolider les acquis enregistrés ces dernières années.

L’analyse de la Banque mondiale dessine ainsi un scénario globalement optimiste pour l’économie marocaine. Les investissements structurants, l’amélioration des équilibres macroéconomiques et les perspectives offertes par la transformation numérique constituent autant d’atouts susceptibles de soutenir une croissance durable. Le défi consiste désormais à transformer cette dynamique conjoncturelle en un véritable gain de productivité capable d’assurer une prospérité durable dans un environnement économique mondial toujours marqué par de fortes incertitudes.

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