À El Kelaâ des Sraghna, Seguia Yaagoubia devient un pilier de la biodiversité

À El Kelaâ des Sraghna, Seguia Yaagoubia devient un pilier de la biodiversité

Le Parc éducatif et récréatif de Seguia Yaagoubia s’impose aujourd’hui comme l’un des projets phares de préservation de la biodiversité dans la province d’El Kelaâ des Sraghna. Conçu comme un espace associant conservation de la faune sauvage, restauration des écosystèmes et sensibilisation environnementale, ce site illustre la volonté du Maroc de renforcer la protection de son patrimoine naturel dans le cadre de la stratégie nationale Forêts du Maroc 2020-2030.

Né d’un partenariat entre l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), le Conseil provincial et la Commune territoriale d’El Kelaâ des Sraghna, le parc développe une approche intégrée où la préservation des espèces menacées coexiste avec l’accueil du public et les activités éducatives. Cette démarche répond à des enjeux devenus centraux face aux effets du changement climatique et à la pression croissante exercée sur les écosystèmes naturels.

Implanté dans un périmètre d’intérêt national créé en 1952, le parc couvre près de 380 hectares. Parmi cette superficie, 20 hectares ont été aménagés en forêt urbaine et périurbaine destinée aux visiteurs. Cet espace constitue également un site stratégique pour la conservation des ongulés sauvages grâce à des installations spécialement conçues pour leur protection et leur reproduction.

L’initiative s’inscrit dans le Plan national de conservation et de restauration de la faune sauvage, l’un des axes majeurs de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030. Ce programme vise à restaurer durablement les populations d’espèces menacées tout en renforçant leur contribution à l’équilibre écologique. Il repose notamment sur la réhabilitation des habitats naturels, le suivi scientifique des espèces, la mobilisation des acteurs territoriaux et la valorisation durable du patrimoine biologique national.

La région Marrakech-Safi occupe une place importante dans cette dynamique. Elle dispose de cinq réserves consacrées à la préservation de la faune sauvage, auxquelles s’ajoute le Parc national du Toubkal. Ensemble, ces espaces protégés couvrent près de 2.800 hectares et accueillent plusieurs espèces emblématiques qui constituent des éléments essentiels des écosystèmes marocains.

Selon Said Dahous, directeur provincial de l’ANEF à El Kelaâ des Sraghna, le parc abrite actuellement environ 143 mouflons à manchettes et 39 gazelles dorcas. Ces populations jouent un rôle clé dans les programmes de repeuplement des espaces naturels. Deux opérations de transfert ont ainsi été réalisées au début de l’année 2026 vers la région de M’Hamid El Ghizlane, dans la province de Zagora, afin de contribuer à la restauration des populations sauvages dans leur milieu naturel.

Le responsable souligne également les investissements engagés pour renforcer les fonctions écologiques, pédagogiques et récréatives du site. Plusieurs infrastructures ont été mises en place afin d’améliorer les conditions de vie de la faune et d’enrichir l’expérience des visiteurs.

Parmi les réalisations figurent un centre d’information dédié à la découverte des écosystèmes forestiers, 11 kilomètres de pistes, 11 kilomètres de sentiers pédestres ainsi qu’un ensemble d’équipements destinés au bien-être des animaux. Des abreuvoirs, des mangeoires, un bassin d’accumulation d’eau et un forage assurent un approvisionnement permanent en eau, un élément crucial dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources hydriques.

Pour Mouna Touami, cheffe du Service du partenariat et de l’animation territoriale à la Direction régionale de l’ANEF de Marrakech-Safi, le parc constitue une illustration concrète des objectifs poursuivis par la stratégie nationale. Elle rappelle que le Plan national de conservation et de restauration de la faune sauvage repose sur une vision de long terme visant à reconstituer des populations viables d’espèces emblématiques dans leurs habitats naturels.

Cette ambition concerne plusieurs espèces menacées ou vulnérables, notamment la gazelle dorcas, la gazelle de Cuvier, le mouflon à manchettes, la gazelle dama, l’addax, l’oryx algazelle, le cerf de Berbérie ainsi que l’ibis chauve. La protection de ces espèces est considérée comme essentielle pour préserver la diversité biologique du Royaume et maintenir l’équilibre écologique des territoires.

Un levier d’éducation et d’attractivité écologique

Au-delà de sa fonction de sanctuaire naturel, le Parc éducatif et récréatif de Seguia Yaagoubia joue un rôle croissant dans l’éducation environnementale. Les infrastructures développées sur le site permettent de sensibiliser les visiteurs, notamment les jeunes générations, aux enjeux liés à la préservation des écosystèmes et à la protection de la faune sauvage.

À travers cette combinaison entre conservation, pédagogie et ouverture au public, le parc participe également au renforcement de l’attractivité écologique de la province d’El Kelaâ des Sraghna. Il illustre l’évolution des politiques environnementales marocaines vers des modèles conciliant protection de la nature, développement territorial et implication citoyenne, dans un contexte où la sauvegarde de la biodiversité devient un enjeu stratégique à l’échelle nationale et internationale.

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