Prix de la jeunesse arabe 2026 : le Marocain Ibrahim al-Safi décroche la première place

Le chercheur marocain Ibrahim al-Safi remporte le Prix de la jeunesse arabe 2026 de l’ALECSO pour une étude sur l’économie du récit médiatique arabe.

Deux hommes tenant des prix devant la bannière jaune de Diwan al-Arab

Photo : MAP

La première place du Prix de la jeunesse arabe 2026, décerné par l’Institut de recherches et d’études arabes, rattaché à l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), revient au chercheur marocain Ibrahim al-Safi.

Son étude, intitulée « L’économie du récit médiatique arabe : approche analytique de la construction du soft power et du renforcement de la réputation internationale », a convaincu le jury. Cette édition portait sur le thème « L’avenir du développement dans le monde arabe… visions pour 2030 » et a réuni des chercheurs venus notamment du Maroc, d’Algérie, de Jordanie, d’Égypte et de Palestine.

Le travail primé part d’un constat : les volumes de production et d’investissement des médias arabes se traduisent peu en influence internationale durable. Pour l’auteur, le problème ne tient pas seulement à la qualité des contenus ou au financement, mais à l’absence d’un modèle économique reliant production, diffusion et monétisation. Deux notions structurent sa réflexion, le « cycle du récit tronqué » et le « soft power distribué », cette dernière mettant l’accent sur le poids des canaux numériques et des algorithmes dans la portée des contenus.

Nourrie d’une comparaison avec la Corée du Sud, l’Inde et la Chine, l’étude propose la création d’une « Agence arabe du contenu créatif ». Cet organe indépendant coordonnerait les efforts arabes et négocierait collectivement avec les grandes plateformes les conditions de diffusion des contenus, avec des retombées mesurables sur le tourisme culturel et l’exportation des industries créatives.

Ibrahim al-Safi a remercié l’Institut et le jury après cette distinction. Il a souhaité que ses travaux enrichissent la réflexion arabe sur le passage « du statut de consommateur numérique à celui d’acteur capable de maîtriser les canaux de diffusion de son contenu, d’en valoriser la valeur et de participer à la construction de son image internationale ».

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