Diphtérie : un enfant de 12 ans meurt à Larache, les parents d’élèves s’inquiètent

Diphtérie : un garçon de 12 ans non vacciné est mort à Larache. Les fédérations de parents d’élèves demandent une action préventive dans les écoles.

Plan rapproché d'un agent de santé portant des gants blancs administrant une injection de vaccin

Photo : Agence de presse des Émirats arabes unis

Un garçon de 12 ans originaire de Ksar El Kébir est mort de la diphtérie dans les premières heures de la matinée du mardi 27 octobre, à l’hôpital provincial Lalla Meryem de Larache. Il était hospitalisé depuis plusieurs jours en réanimation.

L’enfant n’avait pas été vacciné contre la maladie, ce qui a compliqué sa réponse au traitement. Il s’agit du premier décès lié à la diphtérie dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Quatre cas au total ont été confirmés dans les hôpitaux de la région. Trois des patients ont été soignés selon le protocole prévu et ont regagné leur domicile.

Le décès a placé la région en état d’alerte. Des investigations sont en cours pour repérer d’éventuels autres cas et les prendre en charge.

Deux enfants morts à Salé

Ce cas survient après la mort de deux enfants d’une même famille à Salé, dans le quartier de Sidi Abdallah, qui relève de l’arrondissement de Layayda. Aucun des deux n’avait reçu de vaccin contre la maladie. Une équipe médicale a été envoyée sur place. Plus de 40 contacts directs ont été identifiés, vaccinés et traités, et les cas suspects ont été orientés vers l’hôpital pour des analyses.

Deux structures d’isolement ont été réservées aux cas suspects : l’hôpital provincial Moulay Abdellah de Salé et l’hôpital de proximité de Tabriquet. Les équipes sanitaires qualifient la situation de « sous contrôle » et assurent disposer de vaccins et de traitements.

La diphtérie réapparaît au Royaume en 2026, alors qu’aucun cas n’y avait été enregistré depuis 1992. Fin septembre, deux foyers familiaux avaient été détectés dans la région de Souss-Massa, dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane et la province de Chtouka Aït Baha. Ils touchaient des enfants non vaccinés ou dont le schéma vaccinal était incomplet. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale avait déjà signalé le retour de la maladie dans plusieurs pays, sur fond de baisse de la couverture vaccinale et de désinformation sur les vaccins.

Les parents d’élèves réclament de l’anticipation

Les fédérations de parents d’élèves appellent à renforcer la prévention et la surveillance sanitaire dans les établissements scolaires. Le président de la Fédération nationale des associations des parents et tuteurs d’élèves au Maroc, Nour Eddine Akouri, invite les familles à vérifier que la vaccination de leurs enfants est complète. Il demande une mobilisation coordonnée des secteurs de la santé et de l’éducation nationale, ainsi qu’une information officielle précise sur l’évolution de la situation.

« L’école doit rester un espace sûr pour apprendre, et il ne faut pas attendre que les cas se multiplient pour agir sur le terrain »

Saïd Kchani, président de la Confédération nationale des associations des mères, pères et tuteurs d’élèves, juge que les campagnes de vaccination menées dans le Nord vont « dans le bon sens ». Il reconnaît toutefois un retard dans leur lancement cette année, ainsi qu’une coordination insuffisante entre les associations.

Le programme national d’immunisation prévoit trois doses à deux, trois et quatre mois, puis des rappels à 18 mois et à cinq ans. Les doses manquantes peuvent être rattrapées selon la situation vaccinale de chaque enfant.

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