Chevron et Halliburton prêts à investir des milliards au Venezuela
Le retour des capitaux américains dans le secteur pétrolier vénézuélien semble se préciser. Selon une enquête exclusive du Wall Street Journal, Chevron et d’autres entreprises énergétiques américaines sont proches d’accords susceptibles de débloquer plusieurs milliards de dollars d’investissements dans les champs pétroliers du pays, tandis que l’administration Trump négocie séparément une participation directe des États-Unis dans d’importantes réserves vénézuéliennes.
Chevron pourrait prochainement étendre son implantation au Venezuela en ajoutant deux nouveaux champs de pétrole lourd à son portefeuille, selon des sources proches du dossier citées par le Wall Street Journal. Le groupe exploite déjà trois coentreprises avec la compagnie pétrolière nationale PdVSA et demeure la seule grande compagnie pétrolière américaine encore présente dans le pays.
Halliburton mène également des discussions pour déployer ses équipements auprès de producteurs de pétrole vénézuéliens. L’annonce de ces négociations a été favorablement accueillie par les marchés. L’action Chevron a progressé après la publication de ces informations, tandis que celle de Halliburton a gagné près de 2 %.
Les coentreprises de Chevron au Venezuela produisent actuellement environ 260 000 barils par jour. Leur capacité pourrait atteindre 375 000 barils quotidiens, soit une progression d’environ 50 %. En avril 2026, Chevron a porté sa participation dans la coentreprise Petroindependencia à 49 % et obtenu des droits d’exploitation sur le bloc Ayacucho 8, situé dans la ceinture de l’Orénoque.
Les États-Unis visent une participation dans les réserves vénézuéliennes
Ces négociations commerciales se déroulent parallèlement à une initiative distincte de l’administration Trump. Selon Axios, Washington négocie avec le gouvernement intérimaire vénézuélien l’obtention d’une participation américaine dans plus d’une douzaine de champs pétroliers déjà en exploitation.
Ces gisements renfermeraient environ 90 milliards de barils de réserves prouvées, soit près d’un tiers des réserves totales du Venezuela. Les discussions sont menées par le secrétaire d’État Marco Rubio et la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.
Un responsable américain cité par Axios a qualifié l’accord potentiel de « colossal ». Selon les informations rapportées, une telle opération permettrait de plus que doubler les réserves pétrolières américaines, alors que la réserve stratégique de pétrole des États-Unis se trouve à son niveau le plus bas depuis quatre décennies.
Une nouvelle ouverture après l’éviction de Maduro
Cette dynamique intervient après l’éviction de Nicolás Maduro du pouvoir en janvier 2026, un événement qui a ouvert une nouvelle phase pour le secteur énergétique vénézuélien après plusieurs années d’isolement et de restrictions sur les investissements étrangers.
D’autres groupes du secteur ont déjà renforcé leur présence. Hunt Oil et SLB ont signé ces derniers mois des accords avec PdVSA. ExxonMobil et ConocoPhillips restent pour leur part en retrait après la nationalisation de leurs actifs sous la présidence d’Hugo Chávez.
La production pétrolière totale du Venezuela a dépassé le million de barils par jour en 2026. Selon Bloomberg, le pays examine également la possibilité de quitter l’OPEP, signe d’une possible redéfinition de sa stratégie énergétique.
Malgré cette ouverture, le retour des investisseurs étrangers reste confronté à plusieurs obstacles. Les infrastructures pétrolières du Venezuela demeurent dégradées et la sécurité juridique offerte aux entreprises internationales, bien qu’elle se soit améliorée, reste loin d’être pleinement garantie. L’ampleur des investissements envisagés montre néanmoins que les immenses réserves du pays retrouvent une place centrale dans les stratégies des groupes énergétiques américains et de Washington.
