Des frappes ukrainiennes visent une usine d’explosifs russe
Les forces ukrainiennes ont lancé deux vagues de frappes de drones contre la Russie les 18 et 19 août. Après près de 800 drones engagés lors de la première nuit, une nouvelle attaque a touché plusieurs régions russes, dont le Bachkortostan et la région de Nijni Novgorod. Une raffinerie de pétrole à Oufa et l’usine d’explosifs Sverdlov à Dzerjinsk figurent parmi les sites visés.
L’offensive intervient dans le cadre d’une stratégie ukrainienne fondée sur l’utilisation de drones longue portée fabriqués dans le pays. L’objectif présenté dans la source consiste à saturer les défenses aériennes russes et à atteindre des infrastructures liées à l’industrie militaire et à la logistique sur le territoire russe.
Moscou ciblée par des centaines de drones
Dans la nuit du 17 au 18 août, plus de 600 drones ukrainiens ont ciblé la région de Moscou, selon le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine. Le ministère russe de la Défense a de son côté annoncé avoir intercepté 791 drones sur l’ensemble du territoire. Selon un décompte de l’Associated Press, cette attaque constitue la deuxième plus importante depuis janvier 2025.
Un entrepôt de Wildberries, présenté comme le plus grand détaillant en ligne de Russie, a pris feu. Le ministère ukrainien de la Défense accuse l’entreprise de ravitailler l’armée russe, tandis que Wildberries a qualifié les dommages d’« insignifiants ». Selon CBS News, sept des dix plus grands entrepôts logistiques de l’entreprise auraient été détruits par l’Ukraine au cours du dernier mois.
Trois personnes ont été blessées dans la région de Moscou et trois autres dans la région voisine de Riazan. Moscou a également subi de nouvelles interceptions de drones le 19 août. Des restrictions de vol ont alors été imposées dans les quatre aéroports internationaux de la capitale.
Une raffinerie et une usine d’explosifs touchées
La deuxième nuit de frappes s’est étendue à plusieurs régions éloignées de Moscou. Dans le Bachkortostan, situé à plus de 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne, des drones ont atteint une raffinerie de pétrole à Oufa. Un incendie s’est déclaré sur une unité en maintenance. Un immeuble résidentiel a également été touché, faisant un blessé, selon le gouverneur Radiy Khabirov.
À Dzerjinsk, dans la région de Nijni Novgorod, les drones ont visé l’usine d’explosifs Sverdlov. Le site figure parmi les plus grands fabricants russes d’explosifs militaires et fait l’objet de sanctions des États-Unis, de l’Union européenne, du Royaume-Uni, du Japon et de la Suisse.
De fortes colonnes de fumée ont été observées au-dessus du site, selon le média russe Astra et la chaîne de surveillance Exilenova+. Des attaques ont aussi été signalées dans les régions de Toula et de Vladimir. Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir intercepté 453 drones durant la nuit du 19 août.
Les frappes s’inscrivent dans une nouvelle escalade
Ces attaques interviennent alors que les frappes russes continuent de faire des victimes en Ukraine. Le 18 août, une attaque de missiles contre le village de Pechenihy, dans la région de Kharkiv, a tué au moins dix civils et blessé 17 personnes, selon le président Volodymyr Zelensky. Il a qualifié cette attaque de « brutale ».
En juillet, 437 civils ont été tués en Ukraine, selon un décompte des Nations unies. Il s’agit du bilan mensuel le plus lourd depuis mai 2022.
L’escalade a également suscité des réactions au Royaume-Uni. Le Sunday Times a rapporté que deux entreprises britanniques avaient fabriqué des drones utilisés par l’Ukraine contre la Russie. L’ambassade de Russie à Londres a averti que les actions britanniques auraient « inévitablement des conséquences ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a pour sa part déclaré que le Royaume-Uni continuerait de soutenir le droit de l’Ukraine à se défendre.
Yevhen Karas, commandant du 413e régiment ukrainien de systèmes sans pilote « Raid », dont l’unité a participé à la frappe contre Wildberries, a déclaré à l’Associated Press que l’Ukraine espère que le coût économique des attaques poussera Moscou à négocier.
