Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde revient pour une 29e édition internationale
Du 4 au 7 juin 2026, Fès s’apprête à redevenir la capitale mondiale du dialogue des spiritualités. Pour sa 29e édition, le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde propose un programme d’une richesse rare, traversant continents et traditions pour offrir au public une immersion totale dans les rituels vivants de l’humanité. Un rendez-vous qui s’impose, une fois encore, comme l’un des événements culturels majeurs de l’année au Maroc et au-delà.
Plus de 160 artistes originaires des quatre coins du globe se produiront sur des scènes d’exception, notamment le majestueux espace de Bab Makina et les jardins de Jnan Sbil, deux écrans naturels où l’acoustique et l’architecture se conjuguent pour amplifier l’émotion. Quatre jours de programmation dense, pensée comme un voyage initiatique à travers les grandes traditions spirituelles du monde.
Cette édition s’ouvre grand vers l’Asie centrale. Les Ensembles Yassawi et Qulansaz, venus du Kazakhstan, porteront au public les héritages musicaux des bardes turcophones des steppes, un univers sonore tissé entre chamanisme et mysticisme islamique. Le nomadisme y est davantage qu’un mode de vie: il est une philosophie du son, une façon d’habiter l’espace et le silence. Dans la même veine nomade, la création intitulée “Chants des montagnes et des steppes, une évocation de la route de la Soie” réunira des artistes de Mongolie, d’Ouzbékistan et du Tadjikistan, pour une traversée poétique des déserts, des caravansérails et des palais de Samarkand.
Le sous-continent indien sera lui aussi au coeur de la programmation. Pandit Shyam Sundar Goswami interprétera “Saisons du monde intérieur, Ragas et Tagore”, une méditation musicale portée par les cycles des saisons indiennes et la poésie universelle de Rabindranath Tagore. Un moment d’une rare intensité, à la croisée de la musique classique indienne et de la littérature. Du Pakistan, c’est la grande Sanam Marvi qui traversera la Méditerranée pour partager ses chants soufis, dans une quête d’extase mystique qui ne laisse jamais indifférent. Sa voix, puissante et envoûtante, est considérée comme l’une des plus belles expressions du soufisme contemporain.
Le programme réserve également une place de choix au Cambodge avec “Incarnation”, spectacle de danses sacrées khmères revisité par un collectif de danseuses sous la direction de Chap Chamroeunmina, sur une création sonore originale du compositeur Mathias Delplanque. Cette fusion entre tradition ancestrale et création contemporaine illustre parfaitement la vocation du festival: non pas musées des cultures, mais laboratoire vivant du dialogue entre passé et présent.
À ces propositions s’ajoute le triptyque “L’Antidote”, qui réunit trois musiciens de horizons différents. L’Iranien Bijan Chemirani, le Libanais Rami Khalifé et l’Albanais Redi Hasa forment un trio inattendu dont le répertoire virtuose et mystique transcende les frontières géographiques et musicales pour atteindre quelque chose d’universel.
Depuis bientôt trois décennies, le Festival de Fès s’est imposé comme un espace irremplaçable de rencontre entre les spiritualités. À l’heure où les tensions géopolitiques fragmentent les sociétés et où le repli identitaire menace les échanges culturels, ce type d’événement prend une résonance particulière. Il rappelle que la musique sacrée, quelle que soit sa source, parle une langue que l’humanité partage depuis ses origines.
Le programme complet, incluant les horaires et les lieux de chaque représentation, est accessible sur le site officiel du festival. La billetterie en ligne est ouverte.
Ce voyage immobile, que l’on fait assis sous les étoiles de Fès, vaut bien tous les passeports du monde.




