Au CAFRAD, Amal Seghrouchni défend un nouveau leadership public africain

Amal Seghrouchni

Le Maroc a accueilli à Rabat la 17e édition du Forum ministériel du Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (CAFRAD), un rendez-vous consacré aux enjeux du leadership public dans un environnement mondial marqué par l’incertitude, les transformations technologiques et les mutations institutionnelles. À cette occasion, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a appelé à l’émergence d’un leadership public africain capable de conjuguer ancrage local et ouverture internationale.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture, la ministre a mis en avant les atouts du continent africain, soulignant l’importance du capital humain, de la créativité et du dynamisme des écosystèmes d’innovation qui se développent dans plusieurs pays. Selon elle, l’Afrique dispose aujourd’hui des ressources nécessaires pour élaborer ses propres modèles de gouvernance et de développement, adaptés à ses réalités et à ses priorités.

Amal El Fallah Seghrouchni a plaidé pour un leadership fondé sur l’éthique, les compétences et la recherche d’impact concret. Elle a estimé que les administrations africaines doivent dépasser à la fois la reproduction de modèles extérieurs et les pratiques devenues insuffisantes face aux nouveaux défis. L’objectif, a-t-elle expliqué, est de promouvoir une culture de la performance, de la coopération et de la qualité du service public.

Dans un contexte international marqué par l’accélération des changements technologiques, la multiplication des crises et la complexité croissante des politiques publiques, la ministre a insisté sur la nécessité pour les administrations de renforcer leurs capacités d’adaptation. Selon elle, la réussite du leadership public se mesure à sa capacité à transformer les défis en opportunités, à favoriser l’intelligence collective et à produire des résultats tangibles au bénéfice des citoyens.

Elle a également rappelé les réformes engagées par le Royaume sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour renforcer l’État de droit, améliorer la gouvernance publique et moderniser l’administration. Dans cette dynamique, la réforme administrative demeure un levier central pour accompagner le développement économique et social et renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.

Le Maroc salué pour son rôle dans les transformations africaines

Prenant la parole à son tour, le directeur général du CAFRAD, Coffi Dieudonné Assouvi, a salué l’engagement du Maroc dans l’accompagnement des grandes transitions qui redessinent les équilibres mondiaux. Il a notamment souligné l’importance de la coopération Sud-Sud promue par le Royaume, qu’il considère comme un modèle inspirant pour les institutions panafricaines.

Selon lui, cette vision contribue à renforcer les capacités des administrations publiques africaines et à consolider les mécanismes de gouvernance nécessaires au développement du continent. Il a également rappelé que le CAFRAD poursuit sa mission de soutien aux États africains à travers des programmes de formation, de recherche et d’échange d’expertise.

Placée sous le thème « Leadership, catalyseur essentiel du pilotage de l’action publique en contexte volatile, incertain, complexe, ambigu, paradoxal et dangereux », cette 17e édition du Forum se veut un espace de réflexion et de partage d’expériences entre décideurs publics, experts et responsables institutionnels africains.

L’intelligence émotionnelle et la résilience au cœur des débats

Les travaux du Forum s’articulent autour de cinq sessions interactives consacrées à plusieurs dimensions du leadership contemporain. Les participants examinent notamment les enjeux liés à l’intelligence émotionnelle, à la résilience organisationnelle, à la collaboration interinstitutionnelle ainsi qu’à l’anticipation stratégique.

Les discussions portent également sur les méthodes et outils permettant aux hauts responsables africains d’améliorer la conduite de l’action publique dans un environnement marqué par la transformation numérique, l’intelligence artificielle et l’évolution rapide des attentes citoyennes.

Cette orientation reflète une tendance observée dans de nombreuses administrations à travers le monde, où la modernisation des services publics passe de plus en plus par l’intégration des technologies numériques et le développement de nouvelles compétences managériales.

Une distinction pour la gouvernance numérique

L’ouverture du Forum a été marquée par la remise du Prix d’excellence du leadership africain « Personnalité de l’année 2025 » à Amal El Fallah Seghrouchni dans la catégorie « Gouvernance numérique pour le développement durable ».

Cette distinction récompense son engagement en faveur de la transformation numérique, du développement durable, de l’intégration africaine et du renforcement de la coopération Sud-Sud. Elle intervient à un moment où les questions de gouvernance numérique occupent une place croissante dans les stratégies de développement des États africains, confrontés à la nécessité d’accélérer leur transition digitale tout en renforçant l’efficacité de leurs institutions publiques.

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