Le Maroc et la BEI mobilisent 365 millions d’euros pour les transports
Le Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont signé à Rabat des accords de financement d’un montant total de 365 millions d’euros destinés à renforcer la résilience et la sécurité des réseaux routier et ferroviaire du pays.
Les conventions ont été signées en présence de la ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah et de la présidente de la BEI Nadia Calviño, en visite officielle au Maroc du 29 juin au 1er juillet. Cette visite comprend des rencontres avec des responsables gouvernementaux ainsi que des déplacements sur des projets financés par l’institution européenne.
Les deux opérations bénéficient d’une garantie de l’Union européenne. Elles visent à accélérer l’adaptation des infrastructures de transport aux effets du changement climatique, à améliorer la mobilité et à renforcer la résistance des réseaux stratégiques.
Le premier accord prévoit un prêt de 50 millions d’euros de la BEI accompagné d’une subvention européenne de 15 millions d’euros pour le projet de réhabilitation ferroviaire de l’Office national des chemins de fer. La subvention financera des mesures ciblées destinées à accroître la résilience climatique du réseau national.
Le second accord porte sur un prêt de 300 millions d’euros accordé à Autoroutes du Maroc pour soutenir un programme de renforcement de la résilience du réseau autoroutier.
Selon la BEI, ces financements s’inscrivent dans une stratégie commune axée sur les infrastructures durables, l’action climatique et le renforcement de la résilience économique. Ils doivent également contribuer à une meilleure intégration régionale et à l’approfondissement des liens économiques entre l’Europe et l’Afrique.
Nadia Calviño a qualifié le Maroc de partenaire stratégique de longue date pour la banque. Elle a estimé que ces accords illustrent une nouvelle phase de coopération fondée sur la prospérité partagée, le progrès social et les investissements à fort impact.
De son côté, Nadia Fettah a rappelé que la coopération entre le Maroc, l’Union européenne et la BEI s’étend sur plusieurs décennies. Elle a souligné que ce nouveau financement soutient des projets concrets de mobilité durable et moderne tout en renforçant une vision commune du développement inclusif et de l’intégration euro-africaine.
Le représentant de l’Union européenne au Maroc, Daniele Dotto, a décrit le partenariat entre le Maroc et l’Union européenne comme solide et fiable. Il a indiqué que les deux parties poursuivent leur coopération pour financer des infrastructures résilientes et soutenir le développement économique du Royaume.
Lors d’un entretien accordé à l’agence MAP, Nadia Calviño a annoncé que la BEI prévoit d’investir plus de 700 millions d’euros au Maroc en 2026. Elle a également indiqué que le volume des financements du groupe a triplé dans le pays au cours des cinq dernières années.
Cette perspective intervient après une année 2025 record durant laquelle la BEI a signé 740 millions d’euros de financements au Maroc par l’intermédiaire de sa branche EIB Global. Il s’agit du niveau d’engagement annuel le plus élevé enregistré depuis 2012.
La présidente de la BEI a attribué l’attractivité du Maroc à la stabilité de son cadre macroéconomique, à la solidité de son système financier et aux réformes engagées sous la conduite du roi Mohammed VI. Elle a également mis en avant la qualité des infrastructures, l’amélioration de l’accès au financement et la simplification des procédures pour les investisseurs.
La visite de Nadia Calviño coïncide avec le vingtième anniversaire de la présence permanente de la BEI au Maroc. Partenaire du Royaume depuis 1979, l’institution a engagé plus de 12 milliards d’euros dans des secteurs tels que l’énergie, les transports, l’éducation, l’eau, la santé et le soutien au secteur privé.
Parmi les projets majeurs soutenus figurent le port Tanger Med, le complexe solaire de Ouarzazate, l’Université euro-méditerranéenne de Fès et le câble sous-marin Medusa. La banque participe également au financement de la reconstruction après le séisme d’Al Haouz et développe sa coopération avec le Fonds Mohammed VI pour l’investissement afin de mobiliser davantage de capitaux privés.
