Le Maroc investit 640 millions de dollars dans le stockage de carburant
Le stockage de carburant au Maroc entre dans une nouvelle phase avec un programme d’investissement de 6 milliards de dirhams, soit environ 640 millions de dollars. Cette initiative vise à renforcer la sécurité énergétique du pays et à améliorer sa capacité à faire face aux fluctuations des marchés pétroliers internationaux.
Présentant ce projet devant le Parlement, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a placé le développement des infrastructures au cœur de la réforme en cours du secteur des hydrocarbures.
Le gouvernement prévoit d’augmenter les capacités de stockage à travers plusieurs régions du Royaume. L’objectif est de constituer des réserves plus importantes au niveau territorial afin de réduire la vulnérabilité du pays face aux perturbations de l’approvisionnement et aux variations soudaines des prix mondiaux.
Selon la ministre, le Maroc a déjà enregistré des progrès notables au cours des dernières années. Entre 2021 et 2025, les capacités de stockage ont augmenté de plus de 30 %. Les réserves disponibles couvrent désormais plus de 17 jours de consommation nationale en produits pétroliers.
Le nouvel investissement doit permettre d’accroître davantage cette marge de sécurité et de renforcer la résilience du système énergétique national.
Les débats parlementaires ont également porté sur les bénéfices réalisés par les compagnies pétrolières, leur impact sur le pouvoir d’achat des ménages ainsi que sur la gestion des réserves stratégiques. Leila Benali a indiqué que ces questions s’inscrivent dans le cadre plus large de la réforme du secteur, où le développement du stockage constitue un levier essentiel pour garantir la stabilité du marché.
La ministre a également souligné la coopération entre son département et les institutions de contrôle. Des données relatives aux stocks, aux capacités de stockage et aux principaux indicateurs du marché sont régulièrement transmises au Conseil de la concurrence et à la Direction générale des impôts afin de renforcer le suivi du secteur.
Elle a rappelé que les défis actuels trouvent leur origine dans la libéralisation des prix des carburants en 2015. Plusieurs mesures d’accompagnement n’avaient pas été mises en œuvre à cette période, créant des déséquilibres structurels sur le marché.
Depuis 2021, les autorités ont engagé plusieurs actions pour corriger ces lacunes. Toutefois, certains chantiers demeurent en cours et nécessitent une coordination continue entre les différents acteurs concernés.
Le gouvernement entend ainsi privilégier une approche de long terme fondée sur le renforcement des réserves, la sécurisation de l’approvisionnement et l’amélioration de la régulation du marché énergétique.




