Hammouchi et l’Irak renforcent leur coopération sécuritaire à Rabat

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Le Maroc et l’Irak poursuivent le renforcement de leurs relations sécuritaires. À Rabat, le directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Abdellatif Hammouchi, a reçu l’ambassadeur d’Irak au Maroc, Hayder Shiya Albarrak, pour une réunion consacrée à l’approfondissement de la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité publique et du renseignement.

Cette rencontre, organisée au siège de la Direction générale de la sûreté nationale, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement institutionnel entre les deux pays. Selon un communiqué conjoint de la DGSN et de la DGST, les discussions ont porté sur les moyens de développer davantage les mécanismes de partenariat sécuritaire, notamment à travers l’échange d’expertise, l’assistance technique spécialisée et l’accès aux programmes marocains de formation policière.

Au-delà des aspects techniques, les deux responsables ont procédé à une évaluation de la coopération déjà existante entre Rabat et Bagdad. Les échanges ont également permis d’aborder plusieurs dossiers régionaux marqués par des défis sécuritaires communs. La lutte contre le terrorisme international a occupé une place centrale dans les discussions, dans un contexte où les menaces transnationales continuent d’exiger une coordination accrue entre les services de sécurité.

Le communiqué souligne que cette réunion reflète la volonté commune des deux États de consolider leurs liens sécuritaires et d’élargir leur partenariat afin de faire face aux risques émergents selon une approche concertée. Cette orientation témoigne de l’importance croissante accordée à la coopération internationale dans les stratégies de prévention et de lutte contre les réseaux extrémistes.

Une relation institutionnelle en pleine consolidation

La rencontre entre Abdellatif Hammouchi et l’ambassadeur irakien s’inscrit dans le prolongement d’initiatives bilatérales engagées au cours des derniers mois. En août 2025, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue irakien Khaled Shawani avaient signé à Rabat deux accords de coopération judiciaire.

Ces textes portent notamment sur le transfèrement des détenus condamnés ainsi que sur la coopération en matière de peines alternatives. Ils ont permis d’établir un cadre juridique destiné à renforcer la coordination entre les deux pays dans les questions liées à la justice pénale et à la sécurité.

Cette architecture institutionnelle contribue aujourd’hui à élargir les échanges entre les administrations concernées et à créer de nouveaux canaux de coopération dans des domaines sensibles liés à la lutte contre la criminalité organisée et les menaces sécuritaires régionales.

Le défi du retour des combattants liés à l’État islamique

Le rapprochement sécuritaire entre Rabat et Bagdad intervient également dans un contexte marqué par la gestion du dossier des ressortissants marocains impliqués dans les conflits en Syrie et en Irak. Les autorités marocaines travaillent actuellement sur des mécanismes permettant d’encadrer le retour de certains de leurs citoyens détenus dans la région après leur implication présumée au sein de l’organisation État islamique.

Selon des informations relayées récemment par Reuters, le Maroc prépare un plan d’action prenant en compte la diversité des profils concernés. Ce programme engloberait d’anciens combattants, des femmes ayant séjourné dans des camps administrés par les Forces démocratiques syriennes ainsi que leurs enfants.

Les données communiquées par les services de sécurité marocains montrent que 1 667 ressortissants marocains ont rejoint les zones de conflit en Syrie et en Irak au cours des dernières années. Parmi eux, 244 étaient détenus dans des établissements contrôlés par les Forces démocratiques syriennes dans le nord-est de la Syrie. Les chiffres indiquent également que 279 anciens combattants sont déjà revenus au Maroc.

Les autorités recensent par ailleurs 269 femmes marocaines et 627 mineurs toujours présents dans la région. Cette réalité confère une dimension stratégique supplémentaire à la coopération entre le Maroc et l’Irak, deux pays directement concernés par les conséquences sécuritaires et humanitaires de la disparition territoriale de l’organisation État islamique.

Vers une coopération régionale renforcée

L’Irak poursuit de son côté ses efforts pour encourager les États d’origine à rapatrier leurs ressortissants impliqués dans les rangs de l’organisation terroriste. Après le transfert de milliers de détenus liés à l’État islamique vers son territoire, Bagdad a multiplié les appels à la coopération internationale afin de trouver des solutions durables à cette problématique.

Dans ce contexte, le partenariat entre Rabat et Bagdad prend une importance particulière. Il combine désormais coopération policière, coordination judiciaire et dialogue stratégique autour des enjeux sécuritaires contemporains.

La rencontre de Rabat illustre ainsi la volonté des deux pays de bâtir une relation de long terme fondée sur l’échange d’expertise, le partage d’informations et la gestion coordonnée des défis sécuritaires qui dépassent les frontières nationales.

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