HACA renforce les règles médiatiques avant les législatives de 2026
L’Autorité marocaine de la communication audiovisuelle (HACA) a adopté une nouvelle décision réglementaire visant à garantir le pluralisme politique, la neutralité des médias et un accès équitable aux services audiovisuels à l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre 2026 au Maroc.
Cette décision, approuvée par le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), s’inscrit dans le cadre des préparatifs du scrutin. Elle fixe les règles encadrant l’accès des partis politiques et des candidats aux services de radio et de télévision pendant la période électorale. Le texte sera publié au Bulletin officiel.
Selon la HACA, la période électorale s’étendra sur 39 jours, du 15 août au 22 septembre. Elle comprendra une phase préélectorale de 26 jours et une campagne officielle de 13 jours, du 10 au 22 septembre.
L’autorité explique que ce dispositif vise à renforcer la transparence et l’équité du processus électoral tout en garantissant aux citoyens un accès à une information fiable et diversifiée avant le vote.
Les nouvelles règles imposent également des normes strictes pour la couverture médiatique. Les diffuseurs devront respecter la dignité humaine, la vie privée des candidats et les constantes constitutionnelles du Maroc. Les contenus incitant à la haine, au racisme ou à la violence seront interdits.
Afin d’éviter toute influence indirecte sur les électeurs, la HACA établit une distinction claire entre les contenus électoraux et les programmes de divertissement, culturels ou récréatifs. La publicité politique déguisée est interdite. Les journalistes et animateurs candidats à une élection ou affichant publiquement leur soutien à un candidat devront suspendre leur présence à l’antenne durant la période électorale.
Les experts, universitaires et influenceurs participant à des émissions liées aux élections devront déclarer tout conflit d’intérêts potentiel.
La lutte contre la désinformation occupe une place centrale dans cette décision. La publication de sondages d’opinion liés aux élections sera interdite à partir du quinzième jour précédant le début de la campagne officielle jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, conformément à la législation en vigueur.
Le CSCA s’est également penché sur l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans la communication politique. La diffusion de contenus électoraux falsifiés ou générés par intelligence artificielle dans le but de tromper le public ou de nuire à l’intégrité du débat démocratique est désormais interdite.
Les contenus créés par intelligence artificielle à des fins pédagogiques ou explicatives devront comporter une mention claire, permanente et sans ambiguïté indiquant le recours à cette technologie.
Les diffuseurs sont aussi invités à refléter la diversité linguistique et territoriale du Maroc dans leur couverture électorale. La HACA encourage les médias à favoriser une meilleure représentation des femmes dans les débats politiques tout en rappelant que le choix des porte-parole relève des partis politiques.
La décision prévoit également des mesures d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap grâce à l’interprétation en langue des signes, au sous-titrage et à l’audiodescription lorsque cela est nécessaire. Elle souligne aussi l’importance d’intégrer les jeunes ainsi que les Marocains résidant à l’étranger dans les discussions électorales.
Pour assurer l’application de ces dispositions, la HACA informera l’ensemble des opérateurs audiovisuels des nouvelles règles et organisera des sessions d’information destinées aux responsables éditoriaux. Un comité de suivi réunissant plusieurs départements de l’institution accompagnera la mise en œuvre du dispositif pendant toute la période électorale.
Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle restera par ailleurs mobilisé afin de traiter rapidement toute violation des règles relatives au pluralisme, à l’équité, à la neutralité et à l’intégrité de l’information électorale.




