Gigalab mise sur des tests « Made in Morocco » pour renforcer le diagnostic

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Gigalab poursuit son ambition de développer une capacité industrielle marocaine dans le domaine du diagnostic. L’entreprise a lancé une unité dédiée à la production de tests de dépistage de la Covid-19, avec l’objectif de renforcer l’autonomie sanitaire du Maroc et d’ouvrir des perspectives à l’export vers les marchés africains.

Karim Zaher, fondateur et président-directeur général de Gigalab, indique que cette unité permet la fabrication d’un test PCR et de deux tests rapides. La capacité annoncée atteint 2 millions d’unités par mois pour chaque type de test. Elle peut évoluer en fonction du partenariat avec le ministère de la Santé et du niveau de la demande à l’export.

L’un des produits mis en avant par l’entreprise est un test salivaire rapide destiné au dépistage de la Covid-19. Selon Karim Zaher, son utilisation ne nécessite pas de formation professionnelle. L’utilisateur peut réaliser lui-même le test, ce qui doit faciliter son accès et contribuer à élargir les possibilités de dépistage.

Cette approche s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays. Le dirigeant cite notamment la France, la Corée, le Japon et l’Allemagne, où des tests salivaires rapides ont été rendus disponibles dans les pharmacies afin de faciliter le dépistage à grande échelle.

Au Maroc, la commercialisation du produit dépend toutefois du cadre réglementaire et des autorisations sanitaires. Gigalab indique travailler avec le ministère de la Santé et attendre l’agrément nécessaire pour permettre sa mise en vente dans les pharmacies.

L’entreprise présente cette capacité industrielle comme une étape dans le développement d’une filière nationale de diagnostic. Le projet repose notamment sur un transfert de technologie réalisé avec une société coréenne spécialisée dans la fabrication de tests. Gigalab estime que cette production pourrait permettre au Maroc de renforcer son positionnement dans la fabrication de dispositifs de diagnostic en Afrique.

La question du prix constitue également un élément central pour l’accès au produit. Selon les estimations communiquées par Karim Zaher, le test salivaire rapide pourrait être proposé entre 80 et 100 dirhams une fois commercialisé. Son système de management de la qualité est présenté comme conforme aux normes internationales.

Le produit présente également des contraintes de conservation limitées. Sa durée de validité sous emballage peut atteindre deux ans. Il doit être conservé à une température comprise entre 2 °C et 30 °C.

L’expérience de Gigalab s’inscrit dans un mouvement plus large de développement de capacités locales dans le diagnostic médical. Les enjeux portent à la fois sur la disponibilité des produits, la maîtrise technologique, les capacités industrielles et l’accès aux marchés africains.

Les informations disponibles sur le développement de cette activité montrent aussi que la mise sur le marché d’un autotest ne dépend pas uniquement de la capacité industrielle. Au Maroc, les questions réglementaires et les conditions de commercialisation ont fait l’objet de débats autour des tests salivaires de Gigalab. Une étude du Conseil de la concurrence indique notamment que le certificat de mise sur le marché d’un réactif antigénique avait été délivré en juin 2021 avant une suspension de sa commercialisation en août de la même année.

Cette dimension réglementaire reste donc déterminante pour transformer une capacité de production en accès durable au marché. Elle intervient alors que Gigalab cherche à inscrire son activité dans une stratégie plus large de production locale et de développement de solutions de diagnostic.

La trajectoire industrielle de l’entreprise dépasse désormais le seul cadre de la pandémie. Dans une publication consacrée à Gigalab en 2025, TelQuel Impact rapportait que l’entreprise avait développé depuis la crise sanitaire des tests portant notamment sur le monkeypox, le paludisme, le VIH, les hépatites et le streptocoque. Cette évolution illustre la volonté affichée par l’entreprise de diversifier son offre de diagnostic et de soutenir une stratégie de souveraineté sanitaire.

Pour le Maroc, l’enjeu dépasse ainsi la fabrication d’un produit destiné à une crise sanitaire donnée. Il concerne la capacité à développer localement des technologies de diagnostic, à structurer une industrie spécialisée et à transformer cette expertise en opportunités d’exportation vers les marchés africains.

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