Affaire Sahara Escobar : Said Naciri condamné à dix ans de prison
La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a rendu son verdict dans l’affaire dite « Sahara Escobar », l’un des dossiers judiciaires les plus médiatisés au Maroc. L’ancien président du Wydad Athletic Club et ancien dirigeant du Parti authenticité et modernité (PAM), Said Naciri, a été condamné à dix ans de prison.
La même juridiction a condamné Abdenbi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental, à douze ans de prison. Les deux hommes figurent parmi les principaux accusés de cette affaire liée à un vaste réseau présumé de trafic international de drogue.
Le jugement a été prononcé le 25 juin après plusieurs mois d’audiences. Lors de la dernière séance, les accusés ont présenté leurs déclarations finales devant la cour. Cette audience s’est tenue en l’absence des avocats de la défense, qui avaient suspendu leur participation à la suite d’un mouvement de protestation du barreau de Casablanca contre un projet de loi encadrant la profession d’avocat.
Dans sa dernière intervention, Said Naciri a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a affirmé n’avoir aucun lien avec des réseaux internationaux de trafic de stupéfiants ni avec le trafiquant malien mentionné dans le dossier. Il a également produit des relevés bancaires et des documents relatifs à l’acquisition de sa villa située dans le quartier California à Casablanca afin de démontrer l’origine légale de son patrimoine. Il a demandé son acquittement.
De son côté, Abdenbi Bioui a sollicité son acquittement sans présenter de nouveaux éléments. Plusieurs autres accusés ont choisi de s’en remettre à leurs précédentes déclarations formulées au cours de l’enquête et du procès.
L’enquête à l’origine de cette affaire remonte à la fin de l’année 2023. Les juges d’instruction avaient ordonné le placement en détention préventive de Said Naciri et d’Abdenbi Bioui le 21 décembre, dans le cadre d’investigations portant sur des liens présumés avec un réseau international de trafic de drogue.
Le dossier s’est construit à partir des déclarations du trafiquant malien El Hadj Ahmed Ben Brahim. Ses témoignages ont mis en cause plusieurs personnalités issues des milieux politique, sportif et économique marocains, ce qui a contribué à faire de cette affaire l’une des plus suivies par l’opinion publique.
Les poursuites visant Said Naciri portent notamment sur la falsification et l’usage de documents officiels falsifiés, la participation à une organisation criminelle liée au trafic de stupéfiants, l’escroquerie, le trafic d’influence, la dissimulation de revenus issus d’activités criminelles, l’usage de chèques falsifiés et l’importation non déclarée de devises étrangères.
Abdenbi Bioui était poursuivi pour plusieurs infractions, dont la participation à un trafic international de drogue, la falsification de documents officiels, l’obtention de documents sous contrainte, des atteintes aux libertés individuelles, l’aide au passage illégal de personnes à travers les frontières et la participation à une organisation criminelle impliquée dans le trafic de stupéfiants.




