Mondial 2030 : Fozi Lekjaa détaille les retombées et les exonérations accordées à la FIFA

Devant les députés, Fozi Lekjaa a présenté le modèle économique du Mondial 2030, les exonérations prévues pour la FIFA et les emplois attendus.

Vue aérienne d'un stade de football moderne aux lignes épurées pour la Coupe du monde 2030

Photo : FIFA

Le ministre de l’Économie, des Finances et de l’Efficacité publique, Fozi Lekjaa, a présenté mardi 3 novembre aux députés les enjeux économiques, fiscaux et l’héritage attendus de l’organisation du Mondial 2030 au Maroc. L’exposé a eu lieu devant la commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, lors de l’examen détaillé du projet de loi de finances 2027.

Selon les simulations présentées par le ministre, l’investissement global progresserait de 21,2 % en cumulé entre 2023 et 2030, soit près de 2,6 % par an, avec un apport supplémentaire estimé à 1,65 point de PIB chaque année. Plus de 840 000 emplois seraient créés, dont 52 % dans le bâtiment et les travaux publics.

Un partage des rôles avec la FIFA

Fozi Lekjaa a décrit un modèle dans lequel les pays hôtes prennent en charge les infrastructures et la formation, tandis que la FIFA assume les opérations. En contrepartie, l’État hôte compte sur les recettes fiscales, les devises apportées par les visiteurs, l’emploi et l’héritage. L’instance mondiale finance son personnel, la logistique, le design et l’image de marque, et perçoit la billetterie, les droits de diffusion, l’hospitalité et le marketing.

Six villes ont été proposées pour accueillir les matchs : Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger. Plus de 30 camps de base doivent héberger les sélections, y compris à Nador, Al Hoceima, Ouarzazate, El Jadida et Ifrane.

Trains, aéroports et stades

Le volet ferroviaire prévoit le prolongement de la ligne à grande vitesse sur l’axe Kénitra-Marrakech, sur 430 km, ainsi que des trains régionaux (RER) dans les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. L’aéroport de Casablanca doit recevoir un terminal conçu comme hub, une nouvelle piste et une nouvelle tour de contrôle, tandis que ceux de Marrakech, Agadir, Fès et Tanger seront agrandis.

Côté routes, l’autoroute continentale entre Rabat et Casablanca est programmée. Les grands stades de Rabat, Tanger, Casablanca, Agadir, Marrakech et Fès seront mis à niveau, et le Grand stade Hassan II de Benslimane, d’une capacité de 115 000 places, sera construit aux normes de la FIFA.

Le ministre a présenté Casablanca comme « le cœur battant » du tournoi. Le Grand stade Hassan II servira, a-t-il assuré, au Raja, au Wydad et à l’équipe nationale avant même la compétition, ajoutant que le Royaume n’est pas dans la situation du Qatar, contraint de démonter ses stades pour les envoyer à l’étranger.

Des exonérations limitées dans le temps

Le projet de loi prévoit des exonérations temporaires au profit de la FIFA et de ses partenaires, et une exonération permanente pour le « fonds de l’héritage », à vocation sociale. Elles entreront en vigueur au 1er janvier 2027 ou au 1er janvier 2029 selon les bénéficiaires, pour s’achever fin 2031 ou fin 2032.

Sont concernés notamment l’impôt sur les sociétés, la TVA, les droits d’enregistrement, la retenue à la source et la contribution sociale de solidarité. Les primes versées aux bénévoles et aux joueurs non-résidents seront exonérées d’impôt sur le revenu, et les biens et équipements importés seront dispensés de droits de douane.

26 millions de touristes visés

Dans le tourisme, l’objectif est d’atteindre 26 millions d’arrivées à l’horizon 2030, un PIB touristique de 189 milliards de dirhams à prix courants et des recettes supérieures à 156 milliards de dirhams, avec plus de 150 000 emplois supplémentaires.

Le ministre a appelé à distinguer les investissements d’infrastructure des dépenses directement liées au tournoi. Il a cité les 104 milliards de dirhams d’investissements de l’Office national des chemins de fer, contestant leur inscription dans la dette du Mondial. Il a aussi jugé « inacceptable » qu’un stade soit construit en deux ans quand un hôpital en demande douze.

« Le Mondial est une boussole de ce que nous serons en 2030. »

Fozi Lekjaa a conclu son intervention en affirmant : « Je crois à la réussite collective, et l’échec, j’en suis responsable. »

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