Maltraitance infantile : un lien affectif fort avec la mère favorise la résilience adulte

Une étude parue dans Stress and Health associe un lien affectif fort avec la mère et moins de sédentarité à la résilience après une enfance maltraitée.

Une mère pose la main sur l'épaule de son adolescent à la maison

Image d'illustration

Une relation chaleureuse et proche avec une figure maternelle pendant l’adolescence, combinée à un temps sédentaire réduit, augmente les chances de bien s’adapter à l’âge adulte après des maltraitances subies dans l’enfance. C’est la conclusion d’une vaste étude publiée dans la revue scientifique Stress and Health.

Menés par Yuxiao Zhao et son équipe du Shanghai Mental Health Center et de la Shanghai Jiao Tong University School of Medicine, ces travaux ont suivi 5 112 personnes. Les participants avaient entre 11 et 21 ans au début du suivi et entre 24 et 33 ans à son terme.

Une étude sur plus de dix ans

Les données proviennent d’un grand projet longitudinal, la National Longitudinal Study of Adolescent to Adult Health. Une fois adultes, les participants ont indiqué s’ils avaient subi, avant 18 ans, des violences émotionnelles, physiques ou sexuelles de la part des personnes qui s’occupaient d’eux.

Pour mesurer leur état physique, des enquêteurs se sont rendus à domicile afin de relever la tension artérielle, le rythme cardiaque, le tour de taille et l’indice de masse corporelle. Des prises de sang ont permis de contrôler le cholestérol, la glycémie et plusieurs marqueurs immunitaires, regroupés en un score de risque cardiométabolique.

Un questionnaire standardisé a servi à évaluer la dépression, tandis que le niveau d’études et les revenus ont permis d’apprécier l’insertion sociale. Les chercheurs ont ensuite rapproché ces résultats des informations recueillies à l’adolescence, notamment les habitudes de vie et la qualité des relations avec les parents.

Cinq profils distincts

L’analyse a fait ressortir cinq groupes. La majorité des participants appartient à un profil à faible risque, avec un parcours adulte favorable. Un deuxième groupe, peu exposé aux maltraitances, souffre pourtant d’une dépression marquée et de revenus plus faibles.

Un troisième groupe, restreint, rapporte des violences d’intensité moyenne mais présente les moins bons résultats sur les plans biologique, psychologique et social. Ces personnes ont également connu de fortes difficultés financières familiales à l’adolescence.

Les deux derniers groupes ont subi des maltraitances sévères. L’un affiche une santé mentale et sociale dégradée. L’autre, qui représente environ 13 % de l’échantillon, fait preuve d’une forte résilience, avec un fonctionnement psychologique et social sain à l’âge adulte.

Écrans et lien maternel

Les filles et les adolescents issus de foyers modestes avaient davantage de risques de se retrouver dans les profils marqués par une santé psychologique et sociale fragile.

Le temps passé devant la télévision, les vidéos ou les jeux vidéo est apparu comme un facteur de risque. La fréquence de la pratique sportive n’a pas montré d’effet protecteur, ce qui suggère que la sédentarité agit indépendamment du simple manque d’exercice.

Côté famille, les adolescents qui se sentaient émotionnellement proches de leur mère étaient nettement plus susceptibles de faire preuve de résilience une fois adultes. Le temps passé ensemble ou la fréquence des échanges avec les parents n’ont pas eu d’effet protecteur comparable. Ces résultats plaident, selon les chercheurs, pour des actions ciblant les habitudes de vie et les dynamiques familiales afin de mieux soutenir les adolescents vulnérables et leur santé mentale.

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