Le Maroc et l’Asean veulent accélérer leur coopération stratégique

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Le Maroc et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, Asean, cherchent à donner une nouvelle impulsion à leur partenariat. Les deux parties souhaitent passer du cadre institutionnel à des projets concrets dans le commerce, l’investissement et le développement.

Cette orientation a été réaffirmée à Jakarta lors d’une rencontre entre le secrétaire général de l’Asean, Kao Kim Hourn, et le nouvel ambassadeur du Maroc auprès de l’organisation, Redouane Houssaini. Ce dernier a présenté ses lettres de créance au siège du secrétariat de l’Asean.

Kao Kim Hourn a salué la nomination du diplomate marocain et réaffirmé la volonté du secrétariat de renforcer le partenariat sectoriel établi entre le Maroc et l’organisation en 2023. Il a également appelé Rabat à accroître sa participation aux différents mécanismes sectoriels de l’Asean afin de transformer les engagements institutionnels en initiatives concrètes et mutuellement bénéfiques.

Le Maroc dispose depuis plusieurs années d’un cadre de coopération avec l’organisation régionale. Rabat a adhéré au Traité d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est en septembre 2016. Le Royaume est ensuite devenu partenaire de dialogue sectoriel de l’Asean en septembre 2023, une première pour un pays d’Afrique du Nord.

Le partenariat s’est progressivement structuré. La première réunion du Comité conjoint de coopération sectorielle Asean-Maroc s’est tenue en décembre 2023. Les deux parties ont ensuite adopté en avril 2024 un cadre consacré aux domaines pratiques de coopération pour la période 2024-2028.

Le Maroc veut jouer un rôle de passerelle vers l’Afrique

Lors de son échange avec le secrétaire général de l’Asean, Redouane Houssaini a mis en avant la position géographique du Maroc, ses infrastructures et son ancrage africain. Rabat entend utiliser ces atouts pour favoriser des projets reliant l’Asie du Sud-Est aux marchés africains.

La coopération triangulaire entre l’Asean, le Maroc et l’Afrique apparaît ainsi comme l’un des axes susceptibles de prendre de l’ampleur. Le commerce, les investissements et les projets de développement figurent parmi les domaines identifiés.

Cette approche rejoint les efforts engagés récemment par Rabat pour renforcer sa présence économique en Asie du Sud-Est. En juillet 2026, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, s’est rendu à Jakarta pour renforcer les relations commerciales et d’investissement avec l’Indonésie et explorer de nouvelles opportunités avec l’Asean. Les discussions ont notamment porté sur l’agro-industrie, les engrais, l’énergie, les énergies renouvelables, la logistique, le textile et l’industrie pharmaceutique.

Les deux parties avaient également évoqué la création d’un forum d’affaires réunissant des entreprises marocaines et celles des pays membres de l’Asean. Rabat a par ailleurs été invité à participer au sommet de l’investissement de l’Asean prévu aux Philippines en novembre 2026.

Des échanges commerciaux à développer

Le potentiel économique reste important. Selon les données du secrétariat de l’Asean, les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays de l’organisation sont passés de 1,38 milliard de dollars en 2022 à 1,50 milliard de dollars en 2023.

La diversification des débouchés constitue un enjeu central pour Rabat. Le rapprochement avec l’Asean offre un accès à un espace économique dynamique en Asie du Sud-Est, tout en permettant au Maroc de promouvoir son rôle de plateforme vers l’Afrique et l’Europe.

La relation avec l’Indonésie illustre déjà cette volonté. En juillet, Rabat et Jakarta ont engagé des discussions autour d’un accord commercial préférentiel et prévu la mise en place d’un groupe de travail associant les secteurs public et privé. Les échanges portent aussi sur la certification halal, un enjeu qui peut faciliter l’accès de produits marocains au marché indonésien.

Le rapprochement ne se limite pas à l’économie. Les deux parties ont souligné leur convergence autour du dialogue, du respect de la souveraineté des États et du règlement pacifique des différends. Ces principes figurent également au cœur du Traité d’amitié et de coopération auquel le Maroc a adhéré en 2016.

Une diplomatie marocaine tournée vers l’Asie

La nomination de Redouane Houssaini renforce la présence diplomatique marocaine auprès de l’Asean. Selon les informations du secrétariat de l’organisation, le Maroc avait accrédité son premier ambassadeur auprès de l’Asean en 2010. Houssaini succède à Ouadia Benabdellah, dont le mandat s’est achevé en avril 2025.

Cette évolution intervient alors que Rabat cherche à diversifier ses partenariats internationaux et à renforcer sa coopération Sud-Sud. En juin 2025, le secrétaire général de l’Asean s’était rendu au Maroc pour discuter avec les autorités marocaines des moyens d’élargir et de renforcer la coopération entre les deux parties. Les échanges avaient notamment porté sur les cadres économiques, politiques et institutionnels disponibles.

L’enjeu est désormais de convertir ces mécanismes en projets mesurables. Pour Rabat, le rapprochement avec l’Asean peut ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises marocaines et renforcer les connexions avec l’Asie. Pour l’organisation régionale, le Maroc peut constituer un point d’appui vers l’Afrique.

La prochaine étape sera donc celle de la mise en œuvre. Les secteurs identifiés, les forums d’affaires et les mécanismes de coopération déjà établis offrent une base. Leur efficacité dépendra désormais de la capacité des deux parties à faire émerger des investissements, des échanges et des projets communs.

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